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Article : Triste, il était en manque d’amour d’une femme
Poésie
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25 juillet 2016

Triste, il était en manque d’amour d’une femme

Triste, oui il était devenu triste. L’amour l’avait quitté et il était redevenu cet homme horrible que j’avais connu. Recroquevillé sur lui-même, il regardait les autres avec condescendance. L’air supérieur et sûr de lui, rattrapant ses frasques avec audace, il avait toujours raison sur tout, jusqu’au jour où j’arrivai dans sa vie. Prête à lui donner raison sur tout pour lui plaire, je tentai de découvrir ce qu’il cachait au fond de lui. Je compris qu’il était juste en manque d’amour, pas d’une mère, ni d’un père, mais d’une femme.
Il avait grandi dans la campagne, où les femmes sont respectables et respectées, où les femmes ne volent pas de branche en branche telles des guenons… où les femmes sont des Femmes. Il y avait connu une femme, une vraie, qui l’aimait comme il était, sans chercher à tout le prix à le changer. Une femme qu’il avait malheureusement perdue. Ne dit-on pas que les bonnes choses ne durent jamais ?
Il s’était ensuite retrouvé dans ce monde dont les lois sont si dures et où les femmes ne jurent que par l’ « intérêt ». Il avait néanmoins choisi de rouvrir son cœur et s’était mis à aimer de nouveau, à m’aimer. Mais moi je l’avais déçu en me laissant malencontreusement aspirée par ce monde de débauche.
J’ai grandi dans ce monde-ci, où tout est calculé. J’ai eu l’habitude des relations de débauche. Je n’avais pas vu que, par mon comportement, je le faisais souffrir. Il avait choisi de me quitter et était alors redevenu triste, affichant malgré lui l’horrible et le pâle visage de la déception et de la solitude. Et il choisit une solution pour fuir définitivement la  souffrance. Non, il n’allait plus jamais souffrir. Il décida de mettre fin à ses jours et de quitter à jamais ce monde qui lui avait retiré ce qu’il avait de plus cher : sa foi. Il avait perdu foi en la vie et en ses bienfaits.
Et maintenant, c’est moi qui suis triste, d’avoir perdu un homme, d’avoir perdu l’homme, le vrai.
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Article : Cameroun : les droits successoraux de l’enfant naturel
Droit camerounais
45
20 juillet 2016

Cameroun : les droits successoraux de l’enfant naturel

A la mort d’une personne, l’enfant naturel est souvent victime des conséquences plus ou moins désastreuses des actes de ses parents. Le législateur a essayé de trouver un juste milieu entre l’intérêt de l’enfant et  la réparation d’un potentiel préjudice causé.

Définitions de notions

La filiation naturelle est la transmission de la parenté qui caractérise les enfants nés de parents libres, c’est-à-dire non mariés ni l’un ni l’autre, pouvant donc se marier a posteriori. L’historique de cette construction légale est disponible ICI.

La définition précédente traduit exactement la filiation naturelle dite simple. Il existe des cas où l’un des parents est déjà engagé dans un mariage. On parle de filiation naturelle adultérine. Les droits de l’enfant né dans cette condition sont différents. Il existe aussi des cas où les deux parents de l’enfant sont eux-mêmes proches parents, ceci à un degré proscrit. Sur le plan juridique, les relations intimes sont interdites en deçà du 4ème degré de parenté ou d’alliance. Pour le décompte des degrés de parenté, je vous renvoie ICI. L’alliance c’est le lien qui nous unit à la famille de notre époux. Un degré de parenté entre 2 personnes signifie un degré d’alliance entre l’une des 2 personnes et l’époux de l’autre. Lorsque les parents de l’enfant naturel sont parents ou alliés au 1er, 2ème ou 3ème degré, on parle de filiation naturelle incestueuse. Ce qui emporte des conséquences différentes.

En droit camerounais, les droits successoraux de l’enfant naturel sont réglés par les articles 756 à 765 du code civil napoléonien de 1804 applicable au Cameroun.

Condition légale pour succéder : la reconnaissance de l’enfant

L’enfant naturel ne vient à la succession de ses père et mère que lorsque sa filiation a été légalement établie. Concrètement, il doit avoir été reconnu par le défunt de son vivant. A l’égard de la mère de l’enfant, l’accouchement vaut reconnaissance, tout simplement. A l’égard du père, la reconnaissance passe par une déclaration écrite de celui-ci. Les droits successoraux de l’enfant naturel, par rapport à ceux reconnus à l’enfant légitime, sont très réduits et une distinction doit par ailleurs être faite entre l’enfant naturel simple d’une part et l’enfant naturel adultérin ou incestueux d’autre part.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut noter qu’à l’égard de la mère, l’enfant n’est ni naturel, ni légitime. Il n’est donc pas fait de distinction lors du partage de la succession d’une femme, entre ses enfants, nés dans un mariage ou pas. C’est à l’égard du père que ces notions sont évoquées pour distinguer le fils né de son ou de ses nombreux mariages de celui né en dehors d’un mariage.

La part successorale de l’enfant naturel

L’enfant naturel simple bénéficie, en présence d’enfants légitimes, de la moitié de ce qu’il aurait eu s’il eût été légitime. Ceci signifie que si le défunt laisse 4 enfants légitimes et un enfant naturel, les biens sont répartis en 5 parts égales. Les légitimes recueillent chacun tout d’abord un cinquième des biens. Le cinquième restant est divisé en deux parts égales : la moitié est attribuée à l’enfant naturel et l’autre moitié redistribuée entre les enfants légitimes.  Le calcul serait le même quand bien même on aurait un seul enfant légitime et 10 enfants naturels. L’enfant naturel simple bénéficie des trois quarts de la succession lorsque le défunt ne laisse pas d’autres descendants, mais bien des ascendants, des frères ou sœurs ou des descendants légitimes de ceux-ci. Enfin, il a droit à la totalité des biens lorsque le défunt n’a laissé aucun des héritiers précités. Il ne dispose cependant de droit que sur la succession de ses père et mère, à l’exclusion de tout autre parent.

L’enfant naturel adultérin ou incestueux est frappé d’une incapacité de recevoir à titre gratuit. Il ne peut lui être fait aucune donation entre vifs (de son vivant) ou par testament. La loi ne lui accorde que des aliments sur la succession de son géniteur. Cette prescription légale a été instituée pour décourager d’une part les personnes mariées coupables d’adultère ; d’autre part les mariages au sein de la famille comme dans l’antiquité et le moyen âge. Les dirigeants ont déclaré dès les temps modernes que c’était immoral d’épouser sa nièce. De plus, avec l’évolution de la médecine, on a découvert que certaines maladies osseuses dites orphelines telles que la fibromyalgie et génétiques sont la conséquence du degré très proche de parenté entre les parents de l’enfant. Mais, jusqu’à quel degré donc?

A titre de droit comparé, le code civil français a évolué jusqu’à l’abolition de la distinction entre les enfants légitimes et ceux naturels lors de la détermination des héritiers. L’article 733 du Code civil français, issu de la loi n° 2001-1135 du 3 décembre 2001 relative aux droits du conjoint survivant et des enfants adul­térins et modernisant diverses dispositions de droit successoral, dispose désormais : « La loi ne distingue pas entre la filiation légitime et la filiation naturelle pour déterminer les parents à succéder ».

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Article : Le jour où j’ai décidé d’aller voter
Billets
2
15 juillet 2016

Le jour où j’ai décidé d’aller voter

Une mère au foyer trouve toujours des prétextes pour ne pas sortir de la maison, en laissant ses enfants tout seuls. Et même lorsqu’il s’agit de remplir ce devoir citoyen qu’est l’élection, elle préfère souvent trouver une raison pour se défiler, jusqu’au jour où, elle a un soupçon de conscience.

J’avais longtemps pris l’habitude de regarder le processus électoral à la télé, mon bébé dans les bras, un coup d’œil sur ma fille aînée. Je dois rappeler qu’avant de devenir mère au foyer, j’avais souhaité aller aux élections, mais j’étais toujours trop jeune pour y participer. Bien sûr, je ne parle que de ce dont je me souviens hein, les grandes dates.

J’ai longtemps été observatrice avertie

1997 : élections législatives le 17 mai et élection présidentielle le 12 octobre. Je suis âgée de 12 ans et élève en classe de 4ème, je m’estime assez grande pour pouvoir voter. Hélas, il faut attendre 20 ans, la maturité politique au Cameroun.

2004 : élection présidentielle le 11 octobre. Je suis en train d’achever ma préinscription en faculté de Droit à l’université de Douala. Je suis une grande fille désormais. Cependant, je n’ai que 19 ans et je ne peux toujours pas voter.

2011 : élection présidentielle le 9 octobre. Je suis âgée de 26 ans. Je me suis peu à peu remplie d’un sentiment de désintérêt pour la chose publique…Résultat : je ne suis pas allée voter.

Entretemps, je continue de m’informer sur le sujet de l’exercice du droit de vote. Je regarde autant de meetings politiques que possible à la télé, faute de ne pouvoir y assister.

Enfin, je vais voter aux élections

2013 : c’est mon année. Je sens au plus profond de moi que c’est mon année. Il fallait que je donne mon point de vue sur ces élections couplées municipales et législatives du 30 septembre.

Ce matin-là, lorsque je pars de la maison, je suis si déterminée à accomplir mon devoir citoyen que je n’ai pas remarqué que Madame Tchakounté souhaitait compter sur moi pour s’en sortir pendant le processus. Elle m’avait choisie comme son guide, moi l’ancienne intellectuelle désormais au foyer. S’en suit alors une enrichissante conversation sur le chemin du bureau de vote.

Sur le chemin du bureau de vote

 Madame Tchakounté et moi. J’ai essayé de « traduire » pour vous ce qu’elle m’a dit.

  • Elle : Tu sais que je ne sais pas lire, n’est-ce pas ? J’ai assisté à plusieurs meetings de ces candidats en lice. Ils utilisent tous de grands mots qui ne me servent à rien. Je me demande lesquels d’entre eux me donneront la possibilité de continuer de nourrir mes enfants à coup préférentiel. C’est bien que certains d’entre eux aient pensé à nous donner un peu de quoi manger pour nous prouver qu’ils seront de bons travailleurs. Je ne me suis toujours pas décidée, mais je vais choisir parmi ceux qui nous ont distribué du riz, du maquereau, de l’huile et des moustiquaires imprégnées. Dis moi, combien de moustiquaires tu as obtenues en fin de compte ?
  • Moi : J’en ai eu trois. Moi, il y a bien un parti politique qui m’intéresse depuis quelques années, même si les candidats qu’ils présentent ne me semblent pas très sérieux. Tu ne sais pas lire, comment sauras-tu reconnaître le bulletin de vote que tu devras mettre dans l’enveloppe?
  • Elle : Pour cela ne t’inquiètes pas! J’ai quand-même mon coup de cœur. Les militants de ce parti nous ont appris à reconnaître leur bulletin. Il est blanc avec du feu dessus. Grâce à ce parti, j’ai pu nourrir ma famille pendant près de deux semaines.
  • Moi : Si tu connais déjà le choix que tu vas effectuer, pourquoi as-tu besoin de moi aujourd’hui?
  • Elle : Je ne suis jamais allée à l’école. Mes enfants n’y vont pas, faute de moyens financiers. Je ne sais pas où se trouve le collège Marwin, lieu de vote. En plus, j’ai appris que le jour des élections, il y a des forces de l’ordre pour assurer la sécurité. Je voudrais que tu me rassures car j’ai une peur bleue de ces gens-là. Si nous y arrivons ensemble, je me sentirais moins mal.
  • Moi : Ok, ma grande sœur, allons-y !

Devant le bureau de vote

Nous apercevons une longue file d’attente d’une centaine de personnes qui attendent leur tour pour pouvoir voter. Mme Tchakounté s’impatiente et décide de rentrer chez elle. En fin de compte, elle a déjà consommé les dons de son parti coup de cœur. Une voix de moins ne leur enlèvera rien. Et de toute façon, son parti au bulletin blanc avec du feu ne saura pas qu’elle n’a pas voté. Moi, j’attends fermement dans la file d’attente…

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Article : Grossesse, quand tu nous sauves
Billets
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10 juillet 2016

Grossesse, quand tu nous sauves

La grossesse n’est pas facile à supporter. Cependant, elle peut nous tirer de diverses situations ambiguës.

C’est vrai, je dis tout le temps que la grossesse fout les boules. Nausées matinales, pieds enflés, reins en miettes, prise de poids souvent astronomique. Mais, comme tout ça doit durer 9 mois, autant essayer de vivre sa vie et de profiter des avantages que ça peut procurer.

A la banque, lorsque tu trouves un rang kilométrique – chez nous, on ne prend pas forcément rendez-vous comme dans le pays de Benjamin Yobouet hein – tu n’as pas à attendre car on voit clairement que ton ventre te précède. « Madame, venez par ici! Je vous reçois tout de suite. » De quoi faire des jaloux.

A la préfecture, sous un soleil virulent, avec des dizaines de documents à la main, tu peux recevoir la pitié des autres personnes alignées qui te laissent passer devant elles. Une femme enceinte qui ne cède pas à la paresse et continue de résoudre ses problèmes, c’est encourageant.

A la poissonnerie, les gens sont alignés, des assiettes de poisson à la main, attendant de les faire peser pour en payer le prix. Lorsque tu veux te décourager, tu es interpellée par un vendeur qui respecte les consignes du chef. Les femmes enceintes ne doivent jamais attendre dans les rangs.

A la pharmacie, tu es reçue en priorité. Une femme enceinte et malade, vaut mieux pas la faire attendre. On ne veut surtout pas la voir perdre les eaux devant nous.

A l’école, lorsque tu veux rencontrer un directeur, proviseur, principal de l’établissement où vont tes enfants, il te reçoit sans te crier dessus. Faut préciser que chez nous, il n’est pas évident de rencontrer le chef d’un établissement scolaire. Ce dernier préfère éviter les contacts avec les parents d’élèves pour ne pas avoir à répondre à leurs questions sur le coût de plus en plus élevé de la scolarité. Donc, lorsque tu te pointes avec un ventre qui parle pour toi, sa secrétaire sent qu’elle est obligée de t’annoncer et de préciser à son boss : « patron, elle est enceinte hein, humm. »

A la boulangerie, lorsque tu commences à grogner parce tu n’es pas encore servie, tu entends tout juste une voix venant de quelque part : « s’il vous plait, donnez à la femme enceinte là ce qu’elle veut! Ne lui faites pas perdre les eaux ici! »

Lorsque tu portes une lourde charge, dans cette société où les mœurs sont de plus en plus corrompues, tu as au moins la chance d’être soulagée de ta charge, même par un inconnu.

Bref, pendant la grossesse, partout où tu vas, tu as le sentiment de n’entendre que cette phrase : « les femmes enceintes d’abord ».

Cependant, chez le gynéco, tu es obligée de t’aligner comme les autres car tu as en face de toi des femmes enceintes, comme toi.

J’ai tellement profité des états de grossesse que ça me manque des fois. Comme le hasard a fait que j’ai un ventre plutôt volumineux depuis mon dernier accouchement, je n’hésite pas à en profiter, et même à le rappeler à qui fait semblant de ne pas le voir. Partout où il faut attendre que les autres soient servis, je crie haut et fort : « laissez-moi passer! Ne voyez-vous pas que je suis enceinte ? ». Là c’est l’aspect cool de la chose. Ce n’est plus cool du tout lorsque tu tiens ton bébé de 8 mois dans les bras et qu’on te demande comment tu peux déjà être à nouveau enceinte alors que ton bébé est encore si petit. Là, tu comprends que tu as plutôt intérêt à avoir un petit ventre si tu n’es pas enceinte et d’en avoir un bien gros si tu l’es.

 

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Article : Je rêve de grandeur
Rêves
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5 juillet 2016

Je rêve de grandeur

Parmi les rêves que je fais régulièrement, il y a celui-ci : mon mari a 1m80, est très riche et mon fils a 35 ans. Je suis folle hein? c’est pas grave. Je raconte quand-même mon rêve.

Dans la vie, il y a les rêves qui se réalisent et ceux qui ne se réalisent pas. Mon rêve d’avoir un mari qui mesure 1m80 est irréalisable car à son âge, la taille ne peut certainement pas faire un grand bond. C’est possible d’être très riche s’il arrête enfin de faire le sassayé avec l’argent de notre ménage. Le rêve d’avoir un fils de 35 ans est réalisable si j’ai la patience nécessaire. Si j’ai toutes ces visions dans le même rêve c’est que je rêve de grandeur. Ah oui, j’aime voir les choses en grand, dans tous les sens du mot.

Je rêve d’une vie avec un homme d’1m80…

Je vous assure que c’est aussi le rêve d’une bonne partie de la gent féminine. Un homme grand de taille, ça donne l’impression de dominer le monde. On fait des envieux lorsqu’on entre dans une salle de cérémonie. Moi, je suis obligée de me coltiner l’homme de petite taille que j’ai épousé. Je suis coincée dans des ballerines à ne pas vouloir paraître plus grande que lui. « Mais, chérie, pourquoi ne mets-tu pas les chaussures à talons que je t’ai offertes l’autre jour? ». « Non, chéri, j’ai mal à la cheville, je ne pourrai pas supporter les talons ». S’il savait combien je déteste paraître plus grande que lui!

… de surcroît riche

Qui n’aime pas l’argent? Qu’est-ce qui gouverne le monde? Mon homme fait partir d’une catégorie d’hommes qui claquent leur argent dans les jeux de pari. Le pari sportif est son nouveau passe temps. Pendant ce temps, je vais à pied au marché tous les jours. Des fois, lorsque je traverse la route, je risque de me faire écraser par une jolie Toyota Avensis, la voiture de mes rêves. Qui je vois en sortir ? Une voisine mère au foyer comme moi. Elle fait un quart de tour, gare sa voiture aux abords du marché et entre faire ses achats de la semaine. Toute médusée, je regarde ébahie jusqu’à ce qu’elle ressorte, mette ses sacs dans la malle arrière avant de s’installer au volant et de démarrer en trombe. Je l’avoue, j’en suis jalouse. C’est ainsi que toutes les nuits, je suis obligée de rêver que mon homme me sorte de cette galère. Je rêve de goûter tous les plats de nourriture présentés dans les émissions de cuisine comme les émincés de quelque chose… je me refuse de retenir la suite pour ne pas sombrer dans la dépression. Est-ce ma faute?

Je rêve du jour où mon fils sera grand

Pourquoi suis-je pressée? Pourquoi ne pas savourer tous les moments que je passe avec lui dans les bras avant qu’il n’atteigne l’âge de ne plus être porté ? Pourquoi suis-je si pressée de le voir passer par l’adolescence, cet âge où l’enfant devient incontrôlable et se comporte de façon à donner le tournis ? Eh bien, j’ai hâte que quelqu’un me souhaite enfin « bonne fête ». Je ne reçois jamais de joyeux anniversaire, ni de bonne fête de la femme, ni même de bonne fête des mères. Chaque année à l’approche de ces 3 événements, je me dis que ce sera la bonne, que cette année-ci, quelqu’un se souviendra de moi. Mes frères peut-être, mon père ou mon mari! Non, rien, personne. C’est surprenant n’est-ce pas?

La raison n’en est pas que les hommes oublient de souhaiter ces événements, mais qu’ils les souhaitent surtout à une personne particulière : leurs mères. Faut voir sur les réseaux sociaux à quel point les hommes encensent leurs mères à l’occasion de la fête des mères. Maman travaillait dans un boîte de nuit, dormait toute la journée et ne s’est par conséquent pas occupée d’elle-même de ses enfants : maman était une femme extraordinaire, elle s’est battue toute sa vie pour que nous puissions manger et aller à l’école. Maman fouettait si fort qu’on en a encore aujourd’hui des cicatrices sur tout le corps : maman était une femme formidable, elle a tout fait pour que je ne devienne pas un voleur.

A l’occasion des fêtes de la femme dans mon foyer, je faisais souvent ce reproche à mon époux de ne mot dire, sa façon à lui de dire que cette fête n’a de sens que de pousser les femmes à se dévergonder le temps d’une journée avec un uniforme avilissant qui sert seulement les intérêts de la classe dirigeante. Mais un jour de 8 mars, je le surprends entrain de téléphoner à sa mère pour lui souhaiter une bonne fête et lui demander si la robe qu’il lui a fait faire avec le fameux uniforme lui va bien.

Là je me suis dit qu’un jour, mon fils aussi sera grand et enfin je recevrais cette attention que je réclame finalement à tort à mon mari.

Lorsque mon fils sera grand, il me souhaitera un joyeux anniversaire, une bonne fête de la femme, une bonne fête des mères, ……… m’achètera la voiture que je n’arrive pas à obtenir de mon mari et……… me fera manger ces fameux émincés de quelque chose, j’ai oublié la suite.

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Article : Mes profils de marabouts 2.0
Rencontres
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30 juin 2016

Mes profils de marabouts 2.0

J’ai été interpellée par le billet de Christine Djafa. En matière de dérangeurs du net, il y a 2 types de profil que j’ai l’impression de rencontrer tout le temps : celui des dragueurs de l’invisible et celui des fausses filles sympathiques.

Les dragueurs de l’invisible

Ces gars arpentent internet pour traquer les filles naïves en manque d’amour. Leur cible est constituée surtout, c’est mon point de vue hein, de filles nouvellement inscrites sur les réseaux sociaux. J’en rencontre régulièrement sur Facebook, vu que j’ai mis comme photo de profil une vieille photo où je suis toute mignonne et naïve. La plupart du temps, le gars entame la conversation avant même de cliquer sur ta liste d’amis pour voir qu’en réalité, tu n’es pas une petite nouvelle. Ça donne souvent ceci :

-un dragueur : bsr princesse, tu es très jolie, tu me plais bcp.

-moi : bsr   (puis silence!)

-lui : Alllooooo, tu es là? Réponds-moi stp! Je voudrais vraiment faire plus ample connaissance avec toi. Tu as kel âge stp? (Je fais 20 ans sur ma photo de profil hein, souvenez-vous en!) Moi, je suis âgé de 28 ans. Je suis célib. Et je rêve déjà de faire de toi la femme de ma vie.

-moi : tu veux faire d’une inconnue la femme de ta vie? Internet va tt ns montrer finalement. Pr répondre à ta kestion qd même, je suis âgée de 31 ans, je suis mariée et j’ai 2 enfts. En plus, si tu me rencontrais en route, tu ne me reconnaitrais même pas. J’ai kelke kilo de plus ke sur ma photo de profil.

Entretemps, il va faire un tour sur ma liste d’amis et se rend compte que j’en aurai bientôt 5000. Oups, il vient de réaliser qu’il n’a pas affaire à une nouvelle sur facebook.

-lui : Je vois ke tu es encore naïve hein. Keske ça peut faire ke tu sois mariée ou ke je ne te reconnaisse pas si je te vois en route? On te parle de choses de grands, toi tu parles de mariage. Si tu es mariée, keske tu fais sur le net à 2 h du mat? (Mireille d’autrui est entrain de terminer un billet pour Mondoblog). Tu veux me dire ke tu n’as jamais trompé ton mari? Nous n’avons pas besoin de petite fille ici. Vas-t-en stp! Tsuiiiip!

Je ne sais pas pourquoi il se met en colère, ou même s’il est en colère ou il fait semblant, mais ça vaut mieux ainsi. Tsuiiiip aussi!

Les fausses filles sympathiques

Ce sont ces profils avec pour photos des filles hyper canons. On en rencontre de nombreux comme ça avec des photos de nombreuses stars féminines d’Hollywood comme photos de profil. En réalité, ce sont des garçons qui se cachent derrière ces profils. Ils guettent les proies facilement manipulables d’Internet. Ils s’adressent surtout aux filles et commencent par vouloir être leur correspondante et souhaitent des échanges platoniques. La fille du profil réside en Occident. Dès que l’amitié est bien ficelée, elle vous propose des produits en vente qui vous seront livrés sur place au pays par son ami qui est en réalité le gars du profil.

Attendez, ça pourrait donner ceci avec moi :

-la fausse fille sympathique : salut, je suis Natasha L’oiseau, française, 20 ans, en Licence 3 de Droit à L’université de Paris I Panthéon-Sorbonne (les gros noms quoi, dont tu rêves depuis que tu es entrée au lycée). Je voudrais devenir ton amie afin de pouvoir effectuer des échanges dans le cadre de mes études. Enchantée.

-moi : (mon profil affiche une photo de mes 20 ans) Mireille Flore Chandeup, 20 ans, licence 3 de Droit à l’université de Douala. Enchantée aussi.

-elle : waouh! C’est la providence qui m’a guidée vers toi alors…

… après une semaine de correspondance…

-elle : comme je te l’ai dit, si tu as réuni les fonds pr te lancer ds le commerce dè pagnes, j’ai un ami camerounais ki va régulièrement au Bénin. Tu as de la chance kil peut te faire kelke achats là bas pr ke tu puisses faire directement de meilleurs bénéfices. Je te passe son n°, il est actuellement au Bénin mais il est en roaming, çà passe.

Au téléphone avec l’ami camerounais qui se trouve actuellement sur le sol béninois : « oui, Mireille, je suis ravie de faire ta connaissance. Natasha m’a expliqué ton problème. Pour ne pas que je rentre au pays et que tu sois obligée d’attendre mon prochain voyage, tu peux faire un dépôt d’argent dans mon compte dans les livres de Bank of Africa Cameroon. Je retire cet argent dans mon compte dans les livres de la Bank of Africa Benin. Je vais effectuer tes achats et on se voit dans 2 semaines à mon retour… »

Je vous laisse imaginer la suite…  les victimes de ces faux profils sont hélas nombreuses. Tout comme celles de ces autres faux profils qui se font passer pour des membres de gouvernement du pays, les secrétaires particuliers des ministres et assimilés, directeurs généraux, personnes publiques, et bien d’autres.

Maintenant, lorsque je suspecte un de mes correspondants du net d’être un de ces faux profils, je le laisse dévoiler ses cartes et puis, je lui sers le bon vieux discours du croyant :

« Mon frère, j’espère que tu es assis. Si non, assieds-toi et sois prêt car Dieu va te frapper tout de suite. Il te fera prendre quand tu t’y attendras le moins. Marche désormais en regardant autour de toi! Je ne te connais pas, mais Dieu, lui te connait. Il sera sans pardon pour toi. »

Et vous ? Quels sont les profils de marabouts 2.0 sur lesquels vous êtes déjà tombés sur Internet ?

Merci à notre Community Manager, Christine Djafa, allias tata Twitter !

 

 

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Article : Une journée en enfer (2ème partie) : réconciliation avec ma belle-mère
Billets
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28 juin 2016

Une journée en enfer (2ème partie) : réconciliation avec ma belle-mère

Répudiée par ma belle-famille, bien que athée, je sens qu’il faut faire appel à Dieu pour me tirer d’affaire.

En matière de croyance divine, il existe plusieurs catégories de personnes : ceux qui croient en Dieu et l’affirment haut et fort, ceux qui croient mais n’osent pas le dire parce qu’ils ne respectent aucun précepte biblique, ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir besoin de croire en Dieu, ceux qui ne croient pas mais disent le contraire pour ne pas recevoir les foudres de la société, ceux -moins nombreux- qui ne croient pas et le font savoir fermement. Je faisais partir de cette dernière catégorie dite des athées jusqu’à ce je me retrouve dans les griffes de ma belle-famille.

Je me retrouve malgré moi chez ma belle-mère, réunion familiale oblige. Je refuse de m’en aller comme il me l’a été demandé, toujours sans mot dire. Et je me dis que si je me mets au travail tout de suite, on me pardonnera mes erreurs passées. Oui, chez nous, c’est une erreur -et je le comprends tout juste- de croire qu’on peut vivre sans se soucier de la belle-famille et de son influence sur son couple. La belle-famille te pourrit la vie par des rapports, mensonges, techniques avancées de manipulation et autres. Je découvre en prenant de l’âge qu’il vaut mieux faire semblant de se plier à ses volontés pour maintenir son couple dans la stabilité.

Être maman d’un garçon a tout bousculé dans ma tête

maman de garçon, via pixabay.com

En fait, depuis que je suis maman d’un garçon, j’ai beaucoup réfléchi. Le garçon est plus capricieux, t’oblige à prendre plus soin de lui. Il te suit partout où tu te rends, en pleurs. Il ne veut être porté que par sa maman. Un tel attachement rend la mère plus attachée à lui. Le jour de la circoncision, il pleure tellement que toi, maman, tu te demandes : « après tout ça, une arriviste viendra me manquer de respect ? ». Je commence à me poser cette question, en temps que mère. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me rapprocher de ma belle-mère et de lui faire comprendre peu à peu que je respecte tout ce qu’elle a enduré sur mon mari afin qu’il devienne cet homme que j’aime aujourd’hui.

Ceci dit, face à toutes les attaques verbales de ma belle-famille, je suis muette comme une carpe. Il avait été décidé avant mon arrivée de concocter du kondrè, rôti de plantain très prisé chez nous lors des regroupements de tous genres. Je décide alors de me mettre à éplucher le plantain que j’ai aperçu dans la cuisine. Au bout de trois plantains épluchés, je suis stoppée nette par une série de reproches. Je suis gauchère et je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir que c’était une tare.

« Donc tu es gauchère. C’est un sérieux problème pour l’éducation des enfants. Comment leur feras-tu comprendre qu’il n’est pas bon d’utiliser la main gauche? Les gauchers ne vont pas bien loin dans la vie. Comment peux-tu faire la cuisine de la main gauche ? Comment vas-tu réussir l’assaisonnement du repas de la main gauche ? Ma fille, être gaucher c’est comme être handicapé. Je n’ai jamais souhaité avoir une belle-fille handicapée. Je comprends pourquoi tu te caches depuis tout le temps que tu es mariée à mon fils. »

Je demande pardon à Dieu

amour de Dieu, via youtube.com
amour de Dieu, via youtube.com

Venir invoquer Dieu maintenant est-il mal ? Je me rappelle alors tous les enseignements de mon amie Priscille Seing, témoin de Jéhovah. Elle me dit toujours que Dieu est bon et miséricordieux. Il pardonne à tous ceux qui décident de lui faire confiance maintenant et de remettre en lui leur vie. Pour lui, il n’est jamais trop tard. Devant tous les reproches de ma belle-mère, je décide de m’en remettre à Dieu pour m’aider à lui faire comprendre qu’être gaucher n’est ni une maladie héréditaire, ni un handicap. Dieu me fit avoir une vision lointaine. Je me remémore soudainement des propos de mon mari qui m’a dit il y a 9 ans lorsque Nicolas Sarkozy arrivait à la tête de la France que sa mère était fascinée par ce candidat juste parce qu’il est gaucher et qu’elle était très surprise de voir qu’un gaucher pouvait aller si loin. Et que un an après, elle avait été fascinée par le candidat Obama à la maison blanche parce qu’il était noir et par dessus tout gaucher. Je décide qu’une fois qu’elle serait calmée, je lui en parlerai.

Devant ce reproche d’être une gauchère, je ne dis toujours mot et je continue d’éplucher le plantain. Puis j’entame la cuisson. Pendant que je surveille ma marmite sur le feu, je décide d’aller parler à ma belle-mère. Cette dernière se révéla moins sévère que je ne l’avais toujours pensé.

-Moi : maman, dis-moi! tu connais Nicolas Sarkozy et Barack Obama?

-Elle : bien sûr que oui.

-Moi : tu sais qu’ils sont gauchers n’est-ce pas ?

-Elle : oui oui, je m’en souviens justement

-Moi : Voilà deux gauchers qui sont allés bien loin, maman !

-Elle : Mais, c’est là-bas, aux pays des blancs. Il savent éduquer l’enfant, le guider vers ses désirs et ses souhaits et faire de lui un Président.

-Moi : Et que dis-tu des présidents africains ? Abdoulaye Wade, l’ancien Président du Sénégal, est gaucher…

-Elle : Ma fille, les présidents africains sont des enfants qui ont été élevés dehors, ou qui ont fait des études supérieures dans les pays des blancs. Je te le dis, ma fille, un enfant gaucher n’a aucune chance chez nous. Il subit trop de stigmatisation pour pouvoir élever la réflexion et comprendre de lui-même que ce n’est pas une tare. Avec une maman gauchère, ça n’arrange pas les choses pour lui. Je te le dis, tes parents auraient du t’apprendre à être droitière. Ne permets pas à mes petits enfants d’être gauchers !

A cet instant, je me souviens que le sage est prompt à écouter et lent à réagir. J’estime que c’est Dieu qui m’inspire ainsi hein. Je décide d’acquiescer aux derniers propos de ma belle-mère. Aujourd’hui, de longs mois après cette journée, comme j’aurai aimé lui répondre et lui dire que ma fille aînée est droitière, que je lui apprends tout de même ce qu’est la stigmatisation afin qu’elle considère comme normaux ses camarades de classe gauchers, que mon fils cadet sera peut-être gaucher et que sa sœur aînée sera là pour lui dire qu’il est un enfant normal. Bref,  ce jour de réunion familiale, j’ai préféré me taire pour ne pas être taxée d’intellectuelle d’aujourd’hui qui croit qu’avoir parcouru 100 villages -grâce à Internet hein- vaut un siècle de vie sur terre.

Paroles de sage

A la fin de la journée, après la fameuse réunion familiale et alors que je m’apprêtais à effectuer le chemin du retour, ma belle-mère me prit à part et je l’ écoutai avec attention.

« Ma fille, une belle-mère, ça ne mord pas. C’est naturel chez une mère de vouloir ce qu’il y a de mieux pour son fils. Tu le comprendras lorsque ton fils se mariera. Peut-être que toi -avec le sourire-, tu voudras choisir son épouse pour lui. Ce que je n’ai pas fait. Sois très sage ! J’attendais juste de toi que tu me respectes, me passe le bonjour de temps en temps, que tu me racontes ce que mon fils devient. D’ailleurs, est-il toujours aussi capricieux? Aime-t-il toujours autant le couscous de maïs à la sauce gombo? Aime-t-il toujours manger le torse nu? Comprends-tu ma déception de ne plus pouvoir rien savoir sur mon fils? »

 Que celui qui a des yeux pour lire lise !

Tout le meilleur à toutes les belles-mères !

 

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Article : Un vendeur atypique
Rencontres
5
25 juin 2016

Un vendeur atypique


Ce vendeur d’insecticides au langage mielleux surfe sur la grande sensibilité des femmes et leur promptitude à effectuer des achats pour se défaire d’un produit sans aucune efficacité, ni utilité.

Il est un rituel (parmi plusieurs) chez une mère au foyer : partir à pieds pour le marché en prenant des chemins des plus tortueux pour éviter de passer trop près d’une voie goudronnée à grande circulation. Natasha fait partie de ces femmes qui passent plusieurs heures de la journée à faire le marché et la cuisine.

C’est un matin de samedi ensoleillé. Lorsque Natasha arrive au marché, elle est si épuisée par ses 45 minutes de marche qu’elle s’assied sur le 1er tabouret qu’elle aperçoit. C’est le tabouret d’une vendeuse de banane plantain qui lui fait aussitôt savoir que ce tabouret est posé là pour celles qui veulent effectuer un achat. Elle acquiesce en hochant simplement la tête. Une fois reposée et alors qu’elle s’apprête à se lever, un homme vient poser une table devant elle. Il pose deux tableaux sur ladite table. Des cadavres de souris secs étaient collés sur l’un des tableaux, tandis qu’une chauve-souris vivante mais affaiblie se débattait sur l’autre tableau…

La vue d’une chauve-souris n’est jamais anodine. Elle annonce toujours un événement lié de très près à la mort. Elle fait partie des animaux porte-malheur à abattre à tout prix. Le vendeur savait que ça drainerait des foules car tout le monde vient faire ses achats pour plusieurs jours, voire pour la semaine. Les questions commencent à fuser dans tous les sens. Le vendeur sourit car il sait que sa cible mort à l’hameçon.

-Natasha : « Est-ce une vraie chauve-souris ? »

-Le vendeur : « Oui ma sœur, c’est une vraie chauve-souris »

-Elle : « Où a-t-elle été arrêtée ? »

-Lui : « Sous le comptoir d’une femme au marché d’Abobo »

-Elle : « Avec quoi l’a-t-on arrêtée ? »

 Elle a posé la question à laquelle toute la mise en scène devait conduire. Nous sommes au marché d’Adjamé, le plus grand marché de notre chère Abidjan. Un marché bouillonnant de femmes frileuses d’histoires saugrenues comme celle de notre vendeur vedette, une chauve-souris qui aurait été arrêtée sous le comptoir d’une vendeuse au marché d’Abobo. Le temps de la vérification, d’Adjamé à Abobo, la manipulation et le mensonge auront porté leurs fruits. En réalité, toutes les dames présentes se sont posées la même question à voix basse : avec quoi a-t-on arrêté la chauve-souris ?

Le public-cible de notre vendeur, les femmes, est prompt à acheter à chaque fois qu’on présente les choses de façon aussi spectaculaire. Devant l’impatience des dames encore plus nombreuses qu’il y a 5 minutes, le vendeur sourit et dévoile sa recette attrape chauves-souris.

« Mesdames, découvrez ici le super produit que je vous propose ce samedi ! C’est un insecticide très puissant. Il élimine cafards, souris, moustiques, abeilles, fourmis. C’est un comprimé qu’il faut écraser avec du hareng saur et le répandre sur une surface définie. Dès que le visiteur indésirable se pose sur ladite surface, il est immobilisé par le produit, exactement comme vous le voyez avec cette chauve-souris. J’ai déjà fait le tour de plusieurs marchés dont celui d’Abobo où j’ai attrapé cette chauve-souris devant des témoins. J’y ai vendu le comprimé à 500 francs, mais je vous le laisse ici à 200 francs car je vois bien que vous êtes plus intéressées que mes acheteuses du marché d’Abobo. Il ne m’en reste plus assez. Dépêchez-vous de prendre votre comprimé avant que je ne sois en rupture de stock ! »

Le vendeur le sait. Les femmes achètent plus lorsqu’elles se savent uniques et privilégiées. Il utilise la bonne ruse du produit moins cher et en rupture de stock. Sa technique marche très bien. Les femmes se ruent sur lui telles des abeilles et le dévalisent de tout son stock. Comme tout bon manipulateur, il sait qu’il doit rapidement lever le camp avant d’être démasqué.

Natasha a acheté quelques comprimés dudit insecticide. Soudain, elle réalise qu’elle a besoin d’informations supplémentaires sur l’utilisation du produit. Doit-on ajouter de l’eau ou quelque chose d’autre au mélange du comprimé et du hareng saur écrasé afin qu’il puisse coller la proie sur le tableau telle la chauve-souris du vendeur ? Si non, le produit a-t-il des propriétés de colle forte ? Hélas, le vendeur est déjà parti chasser ailleurs. Il n’y a plus personne pour répondre aux questions de nos acheteuses excitées. Pauvre chauve-souris sacrifiée pour les besoins de la cause !

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Article : Le meilleur des insultes entre partenaires de vie
Billets
7
20 juin 2016

Le meilleur des insultes entre partenaires de vie

Entre partenaires de vie, dur dur de ne pas péter les plombs, n’est-ce pas ? Il est des moments où la vie devient pesante et on commence à tenir l’autre pour responsable. Lorsque la mauvaise humeur atteint son paroxysme, comme il devient plaisant de vivre les moments qui suivent…

Les insultes entre partenaires ne sont généralement pas proférées méchamment. C’est juste des phrases choc choisies exprès pour booster l’autre et le faire réfléchir à son comportement ou à son laxisme. A la fin, le résultat obtenu est celui escompté. Ce qui est donc bien c’est que le couple en sort plus uni qu’avant.

Personnellement, j’ai vu des couples, y compris au cinéma, résister à çà :

1- De l’homme à la femme

Les hommes sont souvent moins disants par la bouche. Cependant, lorsqu’ils s’y mettent, ils savent choisir ce qui va faire effet

– Tu es une bordelle

C’est sûr que si un homme te considère comme une bordelle, je parle de ton homme de maison hein, pas des aventuriers, il ne te touche plus jamais. Donc, s’il te traite de bordelle, c’est qu’il veut te secouer un peu, c’est tout.

– Tu ne me mérites pas

Les filles aiment penser qu’on doit continuer de les mériter toute la vie. Le gars qui dit cette insulte à une fille sait forcément qu’elle le prendra mal.

– Tu ne ressembles plus à rien

Aaah ça, c’est fort. Les filles plus que les mecs redoutent le changement de leur physique et les conséquences sur leur vie de couple. Si une fille se prend un peu trop la tête, tu utilises ça pour la remettre à sa place. Elle va se calmer à coup sûr.

– Tu es une femme sale

Affaire de propreté là, les filles aiment qu’on dise d’elles qu’elles sont propres. Les gars l’ont compris depuis et peuvent l’utiliser comme une arme.

– Tu n’es pas une vraie femme

Je ne sais toujours pas ce qu’est une vraie femme. Mon meilleur ami me dit qu’une vraie femme est souriante tous les jours avec la famille, les amis et connaissances de son mari (!). De plus, j’ai entendu un mari un jour dire à sa femme qu’elle n’était pas une vraie femme parce qu’elle accouche par césarienne (!)… But atteint : la faire réfléchir.

2- De la femme à l’homme

Lorsque les femmes s’y mettent, elles veulent sur le moment te faire faire une attaque, même si par la suite la réconciliation est au rendez-vous.

– Tu es un gros fainéant

C’est le 1er réflexe lorsque tu mets ta femme en colère. Petite colère, allez, hop, gros fainéant. Elle s’en fou.

– Tu es un pauvre

Elle supporte depuis plusieurs années une pauvreté qui disparaîtra à coup sûr. C’est ce qu’elle croit. Elle est constamment à bout de nerfs et attend le moyen de rappeler à son mari qu’il est un pauvre. Oui, pauvre c’est une insulte forte chez les femmes.

– Tu as un petit engin

C’est comme ça qu’une fille pousse le vice un peu plus loin. Cette insulte-ci, c’est lorsque tu te prends pour un petit dieu, lorsque tu te crois plus beau que la moyenne et que tu as osé lui dire qu’elle ne te mérites pas.

– J’ai couché avec tous tes frères

Malheur à celui qui est pris en flagrant délit d’infidélité avec une sœur de sa femme, il recevra une dose adulte d’insulte. Bien, mon cher époux, je te surprends avec ma sœur, mais toi sache que j’ai couché avec tous tes frères. Demande-le leur!

– Tu n’es pas le père de mes enfants

Alors là, c’est la cerise sur le gâteau. C’est ce à quoi a droit le mari qui ose dire que sa femme pourrait partir librement parce qu’elle lui a au moins fait des enfants. Donc, madame, pour se venger, lui demande de quels enfants il parle, de ceux-là qui ne sont pas les siens ? Pour bien remuer le couteau dans la plaie -on sait qu’on s’en va- elle te demande si avec un si petit engin, tu croyais vraiment que tu la faisais prendre son pied au point de vouloir faire des enfants avec toi.

Pendant qu’on prononce ces mots, on croit que c’est fini, qu’il n’y a plus rien à sauver…mais on se réconcilie. C’est la magie de l’amour.

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Auteur·e

L'auteur: Mireille Flore Chandeup
Juriste conseil à son propre compte, elle écrit à ses heures perdues. Elle est ici pour présenter la vie et ses vicissitudes du point de vue d'une mère au foyer. Le saviez-vous, qu'une mère au foyer voit des problèmes où personne ne les voit et n'en voit pas où tout les monde les voit? Venez, elle va vous l'expliquer en profondeur!

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