• Qui est Mireille Flore Chandeup?
  • Mon parcours scolaire
  • Mon passage en cabinet d'avocat
  • Ma vie de mère au foyer
  • Mes rencontres
mtnboss.com
Article : Vaincre la peur de mourir pendant une césarienne
Billets
5
30 août 2017

Vaincre la peur de mourir pendant une césarienne

Lorsque l’envie de donner naissance se mute en appréhensions et peur de mourir, on ne sait plus à quel saint se vouer. S’outiller sur le sujet est le meilleur moyen de vaincre sa peur et de mieux vivre ces moments lorsqu’ils frappent à votre porte.

Après avoir vécu subi deux césariennes, j’ai appris beaucoup de choses que je partage volontiers avec des femmes et futurs parents autour de moi. Beaucoup d’émotions à l’entame de ce billet. Des expériences chargées de conséquences et qui nous changent définitivement. Ce billet a failli ne pas voir le jour. Je me suis finalement décidée en lisant le billet de Fabrice Nouanga, Voici pourquoi j’admire les femmes qui accouchent par césarienne.

Beaucoup d’émotions, je vous dis.

Tout d’abord, plus jamais de « j’accouche toujours normalement »

Dans tous les domaines, les idées reçues sont plus dangereuses que les vérités. Les conditions et les contours de la césarienne sont si peu connues que, de mère en fille, on entretient l’idée selon laquelle la césarienne est une affaire de famille. Plusieurs femmes refusent de se faire opérer parce que leurs mères n’ont jamais été opérées, leurs grands-mères non plus. Certaines femmes à qui on en parle au troisième accouchement refuse parce qu’elles « accouchent toujours normalement ». Ma mère a été opérée 2 fois sur 9 accouchements. Ma sœur aînée a déjà été opérée 3 fois pour ses 3 accouchements. Ma cadette directe a accouché 4 fois SANS césarienne. Mon autre cadette a subi une césarienne.

La césarienne est pratiquée pour des raisons précises. Chaque femme porte en elle et à ce moment précis la cause de l’opération. Plusieurs fois, il est nécessaire de pratiquer une césarienne pour sauver les vies du bébé et/ou de la mère. Souvent, il s’agit d’écourter une douleur inutile et traumatisante. La mauvaise présentation du fœtus, la disproportion céphalo-pelvienne (bassin bas ou rétréci), un col fermé ferme (qui se dilate hyper lentement, d’environs 1 « doigt » par jour), un risque d’éclampsie (tension artérielle très élevée), le fait d’avoir déjà été opérée 2 fois (on dit dans ce cas qu’on est de nouveau opérée pour utérus cicatriciel), le cordon ombilical qui entoure le cou du fœtus et l’étouffe lorsqu’on essaie de l’expulser normalement, un paludisme sévère en fin de grossesse sont les raisons les plus avancées pour pratiquer une césarienne. Des raisons que j’ai évoquées dans 2 précédents articles : mon témoignage d’un séjour à l’hôpital et ce pourquoi des femmes meurent en donnant la vie.

On peut connaître et comprendre la nécessité d’une césarienne et réfuter quand-même l’idée de sa laisser ouvrir et refermer. Il est beaucoup plus question de connaître le déroulement de cette opération pour se préparer à l’affronter au cas où on serait obligée de passer par là.

Être capable d’influencer le choix du type d’anesthésie

Pendant la préparation de l’opération, l’anesthésiste vous pose des questions un peu farfelues, sans rapport aucun avec l’acte que vous allez subir. Son objectif est d’évaluer votre état d’esprit et votre capacité à faciliter le travail de l’obstétricien. Votre façon de répondre lui indique si vous êtes capable d’accepter de garder les yeux ouverts et l’esprit en alerte pendant votre opération. Si vous paniquez, il choisit de vous faire une anesthésie générale, en vous administrant un produit par voie de perfusion, pour que vous vous endormiez. Dans ce cas, il est difficile pour l’obstétricien de savoir comment vous vous sentez pendant qu’ils vous opèrent. Le risque d’arrêt cardiaque est plus élevé.

Par contre, si vous appréhendez bien la situation, il vous est fait une anesthésie locale, avec injection du produit anesthésiant dans le bas du dos. Votre abdomen est « mort » pour le temps que durera l’intervention, environs 1 heure.  Vous restez éveillée tout au long de votre accouchement. Vous échangez avec l’anesthésiste et l’obstétricien. Il vous demande constamment comment vous vous sentez, si vous ressentez une quelconque douleur. Ils vous présentent votre bébé dès qu’il vient au monde, vous demande le prénom que vous avez choisi pour lui. Ils vous félicitent pour votre courage. Je vous assure que ça fait du bien. C’est aussi agréable que lorsqu’on vous rase gentiment les poils du pubis avant d’insérer la sonde urinaire.

Bien entendu, influencer le choix du type d’anesthésie n’est possible que si vous êtes éveillée et capable de répondre aux questions de l’anesthésiste. Par chance, pour les 2 césariennes, j’étais en santé et j’ai eu droit à des anesthésies locales. Pendant la 1ère césarienne, j’avais brusquement connu une forte sensation de froid. J’ai expliqué ce que je ressens  et on m’a injecté un anti-paludique pour faire baisser ma température. Je grelottais tellement que j’ai fait passer un message à ma tante qui attendait dehors, selon lequel elle devait apporter une couverture de la maison.

La médecine évolue, on se remet sur pieds assez rapidement

Si vous avez la possibilité de donner votre accord pour être opérée, cela signifie que vous êtes consciente. Par conséquent, il n’y a pas de raison que vous ne vous remettiez pas assez vite par la suite. Le suivi des conseils et des prescriptions de l’obstétricien  permet de récupérer agréablement et parfois de façon spectaculaire.

A la sortie du bloc et dès que les effets de l’anesthésie s’estompent, on vous injecte de la morphine pour atténuer la douleur de la plaie. une infirmière vérifie régulièrement votre serviette hygiénique pour s’assurer que vous ne perdez pas trop de sang.  On vérifie aussi votre pansement. On explique à votre garde-malade comment vous laver et changer vos draps sans vous faire quitter le lit, ni lever la tête. Des tonnes de médicaments (c’est vraiment l’impression que l’on a) vous sont administrez par voie de perfusion. Vous passez 24 heures allongée pendant lesquelles il est déconseillé de lever la tête, afin d’éviter des migraines.

Passé les 24 heures, un infirmier vous retire la sonde urinaire placée au début de l’opération. Il vous aide à vous lever, à retrouver votre équilibre et à marquer vos premiers pas. Il vous encourage à faire des cent pas dans le couloir. Vous pouvez dès lors manger quelque chose et prendre des médicaments par voie orale. Puis, la perfusion est retirée. On vous fait passer plusieurs examens afin de vérifier des probables infections. Votre pansement est inspecté constamment. Il ne doit surtout pas être mouillé, ce serait le signe d’une plaie qui suinte. On vous demande si vous avez déjà pissé depuis le retrait de la sonde. Si non, on vous injecte un produit pour résoudre le problème. Tout est vraiment mis en œuvre pour que vous vous remettiez rapidement et sûrement.

Respecter à la lettre la prescription de médicaments et les conseils nutritionnels

Ma petite sœur qui avait été opérée avant moi avait eu beaucoup de mal à se remettre, puis, moins de mal à m’avouer qu’elle était jalouse de mon prompt rétablissement. Elle n’a pas hésité à conclure que j’avais été « mieux » opérée qu’elle. Je ne cesse de lui répéter qu’elle n’avait pas respecté scrupuleusement les consignes du gynéco-obstétricien.

  • la prise scrupuleuse de médicaments

C’est vrai que ça devient vite soulant de prendre autant de médicaments, mais ça vaut la peine. On doit avaler des médicaments pour faciliter la cicatrisation, contre le paludisme, pour la régénération sanguine, pour la vitalité, contre des infections si les examens en ont révélées. On doit aussi retourner à l’hôpital deux ou trois fois pour refaire son pansement et se faire consulter par le gynécologue. Il est crucial de faire les examens prescrits, peu importe que l’on se sente bien. Dans le meilleur des cas, on doit continuer la prise de médicaments jusqu’à un mois après l’opération.

  • le respect des conseils nutritionnels

Se rétablir rapidement après avoir subi une césarienne passe aussi par le respect des recommandations en matière d’alimentation. On est autorisé à manger 24 heures après l’opération. On doit commencer par de l’eau pour ouvrir la voie. On enchaîne avec de la bouillie, aussi légère que possible. On recommande fortement le bouillon de pommes de terre parce qu’il est très digeste. Consommer des aliments durs tout de suite peut causer des douleurs atroces au niveau de la plaie chirurgicale au moment d’aller aux selles. Les produits laitiers sont déconseillés sur le moment à cause de l’intolérance de certains organismes au lactose et de la constipation qui peut s’en suivre. Le but recherché est d’avoir des selles les plus molles possibles pour les évacuer facilement. Les aliments les plus durs doivent être introduits au moins 1 mois et demi après l’opération.

Pendant ce mois et demi, pour une meilleure et rapide cicatrisation, les épices  (piment, poivre, poivron…bref, tout ce qui pique) sont déconseillés. C’est ici alors que le chef bandit meurt à chaque fois! La plupart des femmes que j’ai rencontrées ont grogné en écoutant cette recommandation. « On demande à qui de ne plus manger le piment? » Même la famille venue s’occuper d’elles ne comprend pas très bien cette recommandation. Les gens aiment tellement le piment qu’ils pensent ne pas pouvoir s’en passer. Croyez-moi, il est tout à fait possible de limiter la consommation de piment. Si votre guérison en dépend, il vaut mieux vous faire violence.

La finesse des cicatrices visibles sur le ventre

Plusieurs femmes redoutent la longue cicatrice laissée par la césarienne sur le ventre. Le temps où on incisait le ventre sur la verticale est heureusement dépassé. On pratique de plus en plus l’incision dite du BIKINI qui ne laisse qu’une fine cicatrice que les poils du pubis vont rapidement cacher en repoussant.

Après ma première césarienne et pendant mon hospitalisation, l’infirmier de garde me surprenait la nuit en train de caresser le sparadrap qui recouvrait ma plaie et s’en étonnait à chaque fois. Il ne cessait alors de me rappeler qu’une fois le sparadrap retiré définitivement (environ 2 semaines après l’opération selon l’allure de la cicatrisation),  je ne devrais pas toucher ma plaie de la sorte, au risque de l’infecter. Je lui répondais à chaque fois que ça me démange et que c’est tout. Aujourd’hui je vous l’avoue, j’avais hâte de toucher la cicatrice. Cette même cicatrice que je voyais sur les ventres de ma mère et de mes sœurs.

C’était en 2013 et au final, j’ai eu droit à une cicatrice bien visible sur le bas du ventre. Je la caressais à chaque fois que je me morfondais dans mon coin. Cependant et heureusement, lors de ma deuxième césarienne, l’obstétricienne m’a ouvert le ventre au même endroit, sur la cicatrice.  En me refermant, elle l’a fait disparaître, comme par magie. Des fois, ça me manque de caresser mon bas ventre en cogitant sur l’avenir de mes enfants. J’en ai totalement perdu l’habitude, puisqu’il n’y a plus de cicatrice à cajoler.

Quid des cicatrices morales?

Ces 4 dernières années, j’ai vécu plus d’émotions que je ne l’avais imaginé en décidant de devenir mère. Je fus choquée en 2013 d’apprendre que j’allais être opérée. J’ai du aller puiser au plus profond de moi pour accepter d’être obligée de passer par la césarienne pour donner naissance. Une fois qu’on a accepté dans sa tête, le corps réagit positivement et se remet rapidement. Au bout de 6 à 8 semaines, on peut retrouver une vie sexuelle normale.

Du coup, en 2015 , lorsque le gynécologue m’annonce que je vais devoir subir à nouveau une césarienne, il est lui-même surpris de ne lire aucune gêne sur mon visage et de m’entendre juste lui répondre : « ok, allons-y! »

Courage, Mesdames!

 

Lire la suite
Article : Ma première fois, j’ai piloté l’avion jusqu’au septième ciel
Billets
43
26 juillet 2017

Ma première fois, j’ai piloté l’avion jusqu’au septième ciel

Vous avez dit « 7ème ciel » ?

Comme cette expression sonne bien dans les oreilles de la fille pucelle ! Moi en tout cas, cette expression me faisait si frémir que je décide de rompre mon pacte de virginité, après que j’ai échoué au Baccalauréat en 2002.

Fillette, j’adulais les couples sérieux de mon quartier et je voulais leur ressembler. Bien plus, je me disais que je ne ferai l’amour qu’avec un seul homme qui deviendra mon époux. Pas facile hein ! Une chose était surtout bien claire dans ma tête : je ne sauterai le pas qu’après avoir obtenu mon Baccalauréat. Les fameux résultats tombent en juillet 2002. Je ne suis pas admise. Puis je me dis : « noooooon, qui va encore attendre 1 an pour toucher aussi le 7ème ciel ? » Je suis obligée de trouver quelqu’un qui m’y emmènera. Je n’ai pourtant pas de petit ami. Que faire ? Se vendre. Pas se livrer à la prostitution hein !!!! Juste se faire belle pour être remarquée par les garçons. Mireille d’autrui change du tout au tout. Je me maquille désormais. J’arbore des jupes courtes. Je laisse pousser mes cheveux. Je fais du régime. Et ça marche ! Un jeune animateur de mon quartier s’intéresse à moi.

La peur de ne pas être à la hauteur de ses attentes

Je viens d’échouer brillamment au Bacc parce que je pensais plus au 7ème ciel qui m’attendait après la réussite qu’aux études. Je n’ai jamais embrassé un garçon de toute ma vie. Et je me retrouve avec cet animateur, jeune mais expérimenté, aimé des filles pour sa voix suave au micro. « Mon frère, que ce n’est pas toi Jason Black, Ampis Atango ou Francis la plage ? Toi c’est donc qui, avec une voix de stars de la radio comme ça ? » Mireille avait gagné le jackpot. Allais-je alors m’en sortir ? Je demande conseil à mes aînées. Chacune m’aide comme elle peut. Je grave tous les conseils quelque part en sécurité dans ma tête, et me voilà lancée dans une relation avec la star du coin.

Trois mois plus tard, après moultes jongleries (il ne fallait pas qu’il croit que je suis une fille légère), j’allais enfin vivre mon 1er baiser. Seigneur, aide-moi ! Ses lèvres touchent les miennes délicatement. Comment réagir ? Que faire ? Pour lui rendre son baiser, dois-je remuer les lèvres comme si je mâchais des aliments ? Ne vais-je pas inonder sa bouche de salives ? Faut sûrement que je ferme les yeux. Il paraît que ça signifie qu’on est amoureuse. Dès que je sors de mes pensées, il arrête de m’embrasser. Est-ce moi qui l’ai déçu ? Non, quelqu’un arrive. Non, nous ne sommes pas dans une chambre. Oui, nous sommes en plein air, cachés parmi des bananiers derrière la maison du voisin. Aller chez lui allait signifier pour moi que je suis prête à faire l’amour.

J’allais finalement passer à l’acte

Vînt alors le 14 février 2003 ! Ce matin-là, je me dis que trop c’est trop et qu’aujourd’hui c’est aujourd’hui. C’est la fête des amoureux. Nous nous verrons forcément. J’ai cotisé grave pour lui préparer un cadeau digne de ce nom. J’ai acheté un micro afin qu’il n’ait plus besoin d’en emprunter aux amis pour ses présentations.

Vers 20 heures, nous nous retrouvons dans sa chambre. Si je suis dans sa chambre c’est que je veux faire l’amour. Il l’a compris rapidement et ne veut pas perdre de temps.

Etape 1 : les préliminaires

Je suis la 1ère à toucher les objets (Montre, boucles d’oreille, chaîne) que je porte sur moi, tout en le regardant langoureusement. Il me les enlève délicatement en baisant chacune des parties qu’il frôlait en passant. Puis, il se saisit de mes lèvres. Il m’embrasse en s’appuyant contre moi pour m’indiquer que je dois m’allonger sur le lit.  De mes 2 mains et pendant qu’on s’embrasse chaleureusement, je déboutonne la chemise de soie qui dessinait si bien ses tablettes de chocolat. Ses mains à lui descendent le long de mes cuisses, passent sous ma robe, remontent tendrement et dégrafent mon soutien-gorge. Je sens mes seins respirer et se hisser. Ces mêmes mains redescendent et se saisissent de ma petite culotte. En même temps, je défais la braguette de son pantalon. Ma main gauche sent sa verge qui se met en position de commandement, paré au combat. Alors là, nous nous levons du lit comme après avoir subi des électrochocs. Chacun retire d’un coup sec ce qui lui reste de vêtement.

Pour faire durer la chose, je décide de lui faire une fellation digne d’un film porno. Tout çà pour une 1ère fois ? Oui, tout çà pour une 1ère fois. Je l’avais souhaité et pensé du début à la fin. Et je m’étais renseignée, croyez-moi. Je m’agenouille alors pour être à la hauteur de ses bijoux de famille que je saisis délicatement avec ma bouche. Je reproduis à la lettre ce mouvement de vas et vient que j’ai observé dans un film porno. De la base à la tête de sa verge, de la tête à la base, j’humecte au passage, en évitant soigneusement de ne pas le pincer avec mes dents. Je n’hésite pas à recracher dessus le trop plein de salive buccale que je répands à l’aide ma main, en caressant les poils de la base. Mon animateur me saisit alors de ses 2 mains et m’amène à me lever. Je comprends qu’il n’en peut plus et que l’heure de l’accomplissement est arrivée.

Etape 2 : la pénétration proprement dite

Lorsque je comprends qu’il fallait à présent recevoir l’homme au plus profond de moi, je m’allonge sur le lit, écarte les jambes et pose un pied sur le mur de la chambre pour pouvoir supporter cette position que je découvrais ce jour-là. Il pose les genoux sur le lit, vient à moi et me caresse la joue de sa main droite comme pour me dire de ne pas m’inquiéter et qu’il allait me ménager. Il pose le coude gauche près de ma tempe droite. De sa main droite, il utilise sa verge pour me caresser le pubis qui réagit en se dilatant savoureusement. Il y va vraiment tout doucement, pour me laisser le temps de m’humidifier avant de me pénétrer complètement. La tête de sa verge franchit la porte. Je suis submergé de sensations. Entre saveur et douleur due à la rupture de l’hymen. Je me retiens de lui montrer que j’ai mal, mais il le perçoit. Il me rassure avec le regard et continue de me pénétrer. Des vas et vient répétitifs, mais plus doux que je ne m’imaginais. Puis, je sens qu’il accélère le mouvement comme piqué par un moustique. Je ne comprends pas. C’est lui, tout gentil qu’il l’était ce jour-là, qui m’explique que c’est parce qu’il va jouir.

Une 1ère fois, zéro préservatif

Je ne saurai expliquer aujourd’hui pourquoi j’avais fait l’amour pour la toute 1ère fois sans me protéger des maladies et d’une grossesse indésirable. Je voulais juste le faire, pour rattraper enfin mon retard. J’étais véritablement persuadée d’être en retard. Je ne connaissais aucune élève de Terminale encore vierge. Pendant que nous faisons donc l’amour, il doit jouir. Vais-je alors permettre qu’il déverse sa semence dans mes entrailles ? Tout se défile dans ma tête. Je pense à la méthode du coït interrompu. Il faut qu’il se retire ! Puis, je me souviens que l’enseignante de puériculture disait que ce n’est pas une méthode fiable, que des spermatozoïdes sont déjà libérés avant l’éjaculation. Alors là, je me dis que ce n’est plus la peine qu’il se retire. Comme on dit chez nous : mouillé c’est mouillé, il n’y a pas de mouillé sec ! Nous savourons alors tous les deux les bienfaits d’une éjaculation interne, avec tous ses risques. Insoucieuse, je le regarde s’endormir dans mes bras jusqu’à ce qu’une sonnerie vienne nous perturber. Nous avions programmé un réveil pour ne pas nous laisser emporter et oublier  de retourner à nos vies, surtout moi de retourner chez mes parents.

C’était donc ça le 7ème ciel dont mes aînées parlaient avec autant d’extase.

Ma 1ère fois m’a tellement fait vibrer que nous avons passé plusieurs mois à faire l’amour, au point où j’ai échoué à nouveau  au Baccalauréat en juillet 2003. J’ai dû me « revirginiser » jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat en 2004.

Lire la suite
Article : Valérie face à la pression de l’enfantement
Billets
5
19 juillet 2017

Valérie face à la pression de l’enfantement

Lorsque donner naissance est une « obligation morale » pour toutes les femmes, que ne feraient-elles pas pour avoir un bébé ?

Une société focus sur l’accouchement

Dans les sociétés africaines, la femme est considérée comme une « donneuse de naissance » automatique, à un tel point que celle qui n’a pas d’enfant est vue comme une moins que femme. Mariée, la femme doit enfanter ; sinon elle est répudiée par son époux. Une femme chanceuse devra juste supporter d’avoir une coépouse qui fera des bébés à sa place, pour le grand bonheur de leur époux commun. Célibataire, on vous juge sur la base de votre âge apparent. « Elle est déjà quand-même vieille hein ! Il faut qu’elle accouche, même si elle n’est pas mariée ! »

Une grosse pression psychologique

Selon le moral de chaque femme, la pression sociale est ressentie et vécue différemment. Les plus fortes se disent : « je me fous de ce que les gens peuvent penser. Ca ne regarde que moi de toutes les façons. » Les moins fortes ont de la peine à lever la tête lorsqu’elles sortent de leurs maisons. Elles se demandent constamment comment faire pour enfin faire plaisir à la société. Elles s’inventent régulièrement des fausses couches ou des maladies incurables qui les empêcheraient de tomber enceintes. Les femmes faibles sont plus affectées. Elles développent des grossesses nerveuses et perturbent leur système hormonal de façon assez spectaculaire. Les plus faibles finissent par craquer et  avoir un comportement démoniaque. Elles feignent une grossesse jusqu’au bout et sont prises au piège à la fin. C’est le cas de Valérie, la trentaine.

La réaction de Valérie face à la pression sociale

Valérie (j’ai gardé son prénom pour compatir à sa situation) est une femme de 34 ans que je connais depuis 2 ans. Elle aménage près de chez moi en 2015 avec son époux et leurs deux enfants de 14 et 12 ans. Elle était enceinte et brillait des milles feux. Je me souviens que nous autres voisines commères nous demandâmes comment on pouvait être aussi jolie avec une grossesse. Elle était forte, marchait très vite et ne transpirait jamais. Quelques mois plus tard, en 2016, son ventre avait disparu et elle nous a dit qu’elle avait donné naissance à un mort-né. Nous fumes tristes pour elle, mais très vite rassurées car elle ne tarda pas à tomber enceinte à nouveau. En dehors du ventre qui grossissait au fil des mois, elle ne présentait toujours aucun autre symptôme fréquent de grossesse : fatigue, chaleur intense. « C’est ma troisième grossesse et c’est toujours pareil. Je me sens toujours en pleine forme jusqu’à la fin. J’ai juste la malchance. J’accouche, l’enfant meurt à chaque fois », m’avait-elle confié un jour.

Vînt alors le moment de l’accouchement. Plusieurs mois se sont écoulés depuis qu’elle feint la grossesse. Elle décide d’aller chez sa sœur ainée pour le reste de la grossesse et l’accouchement. Son époux acquiesce, sans se douter une seule seconde de ce qu’elle avait planifié. Une fois chez la sœur, celle-ci découvre qu’il n’ya pas de grossesse et qu’à la place, sa sœur cadette porte une prothèse tous les jours. Elle la menace de tout révéler à son époux si elle ne le fait pas elle-même.

L’heure des révélations

Prise au piège, elle doit tout révéler à sa famille. Ce qu’elle déclare est à peine imaginable pour un esprit normal. Seuls les esprits tordus comme le mien avaient compris depuis belle lurette que Valérie était devenue psychologiquement instable à cause de la pression de la société.

« Je suis désolée, chéri. J’avais peur que tu me quittes pour une autre femme qui te fera des enfants. Je n’ai jamais été enceinte. A chaque fois, je faisais semblant afin que tu crois que j’ai quand-même des chances de devenir maman. Je faisais tout pour que mes accouchements coïncident avec tes déplacements d’affaires pour pouvoir  me débarrasser aisément de mon faux ventre et préparer mes larmes pour t’annoncer que notre bébé est mort. Je jouais à la fatiguée tous les soirs pour refuser de faire l’amour. Je ne me déshabillais et ne m’habillais qu’à la douche pour que tu ne me vois pas nue et ne comprennes tout de suite que je ne suis pas enceinte. »

Une interrogation subsiste : quel était le but final de toutes ces manigances ?

Valérie avait véritablement l’intention de ramener un bébé à la maison. A la fin de ses grossesses, elle rodait autour des maternités dans l’objectif de voler un nouveau-né qu’elle allait faire passer pour le sien. Ce n’est pas si compliqué, pensait-elle. On voit souvent des bébés laissés seuls sur les lits, tandis que les mamans prennent leur douche ou raccompagnent des visiteurs. Par chance, elle n’avait jamais réussi à voler un bébé et déclarait donc que le sien est décédé.

Le véritable fautif : l’époux de Valérie

Comment peut-on feindre 3 grossesses jusqu’au bout ? Comment peut-on ne pas voir la souffrance psychologique de son épouse ? Je découvre en même temps que les deux enfants du couple sont ceux de l’époux nés d’une précédente relation. Valérie voulait lui donner aussi des enfants pour avoir dans son cœur la même place que la mère de ses enfants. Oui, plusieurs hommes accordent tellement d’importance à la mère de leurs enfants qu’il peut arriver que leurs épouses se sentent rabaissées et menacées, pire si elles n’ont pas d’enfants elles-mêmes. La faiblesse pousse alors des épouses à éliminer les enfants de l’époux pour rompre le lien avec la mère de ses enfants. Nul ne peut deviner qu’elle aurait été l’étape suivante si Valérie n’avait pas été démasquée ?

Pardonner ou pas à Valérie ?

Elle a besoin de soutien plus qu’autre chose. Au lieu de se mettre dans une colère noire, son époux doit lui faire comprendre qu’il est heureux avec elle, si c’est le cas. Donner naissance n’est pas une nécessité vitale. On doit se battre pour y parvenir, mais être capable d’accepter de ne pas y parvenir en fin de compte. Le soutien moral de l’époux compte pour beaucoup dans la façon de ressentir et de vivre la pression que la société met aux femmes. Des Valérie, il en existe partout, peut-être près de chacun de nous et qui élèvent des enfants qu’on croit être les leurs.

 

Lire la suite
Article : Moi, Présidente, j’accorderais un salaire aux mères au foyer
Billets
4
20 avril 2017

Moi, Présidente, j’accorderais un salaire aux mères au foyer

Moi, Présidente ? Moi, Présidente…….

Evident d’imaginer ce que je ferais si j’étais élue Présidente. Une  chose est très claire dans ma tête, c’est que je serais rapidement désavouée pour dérive autoritaire. Oui, je serais une présidente dictatrice parce que la dictature marcherait mieux pour faire valider les décisions que je prendrais et accepter que je ne prenne aucune décision, au besoin.

Soit ce qui suit ne saurait se réaliser parce que relevant plus du rêve que de la réalité, soit, Présidente, je subirais un coup d’Etat au bout de quelques mois.

Moi, Présidente, j’accorderais un salaire aux mères au foyer

Bah oui, je suis une mère au foyer. Vous attendiez-vous à autre chose de la part d’une femme qui loue les mérites de celles qui choisissent de s’occuper elles-mêmes de leur progéniture ? Si on demandait à une vendeuse de tomates ce qu’elle ferait, millionnaire, et qu’elle répondait qu’elle ouvrirait une parfumerie, là, ce serait inquiétant.

Pour les mères au foyer, je ferais les choses bien, de quoi leur mettre un peu de baume sur le cœur. La fragilité de leur situation auprès de leurs conjoints est des plus inquiétantes. Refus des responsabilités des pères, abandon des foyers, manque d’informations relatives au droit successoral, la précarité des relations de père-fils résultant du non établissement des actes de naissance, plusieurs conflits familiaux et la fragilité des relations conjugales résultant des « mariages non officiels » m’obligent à penser à améliorer en premier leur statut.

Et je ferais çà… légalement

Au Cameroun, Un projet de code des personnes et de la famille est sur la table des députés depuis plusieurs années. Pendant que certains trouvent que nous avons déjà fait un grand pas en remplaçant, dans le code civil napoléonien de 1804 qui nous est toujours applicable, les mots « français » par « camerounais » , d’autres pensent que, et c’est ce qui freinerait son adoption, que le projet ne colle pas suffisamment aux réalités camerounaises. La polygamie y est érigée en norme, mais ça ne suffit apparemment pas. Cependant, personne n’a pensé à codifier et encadrer la situation de « mère au foyer ».

Moi, Président, j’utiliserais les pouvoirs de la dictatrice que je serais pour insérer dans ce projet de code des personnes et de la famille un paragraphe qui traiterait de la protection civile de la mère au foyer. Ce serait finit les « tu fais quoi avec l’argent alors que tu es seulement à la maison ? » ou les « c’est ton devoir de rester t’occuper des enfants. Tu n’as pas besoin d’argent. Je t’en donne assez pour mes enfants ». Ce paragraphe du code serait ainsi articulé :

« De statut particulier de la mère au foyer

Article 62 : Bénéficie du statut particulier de la mère au foyer toute femme qui ne travaille pas hors du domicile conjugal, soit parce qu’elle n’a pas les qualifications nécessaires pour trouver un travail hors de la maison et est par conséquent résolue à s’occuper de son foyer ; soit parce que, malgré des qualifications nécessaires, elle a choisi de plutôt s’occuper de son foyer.

Article 63 : 1- Un salaire mensuel minimum de 50 000 fcfa est accordé à toute femme qui choisit d’être une mère au foyer.

2- Ce salaire minimum est censé couvrir les frais d’entretien de la maison et des enfants, peu importe que la femme ait ou non des enfants.

3- Ce salaire sera complété d’une prime dépendant du nombre d’enfants auxquels elle donnera naissance,  de 10 000 fcfa par enfant par mois.

Article 64 : 1- Le salaire de la mère au foyer sera payé par son mari ou fiancé, étant donné que les hommes préfèrent très souvent vivre « le viens on reste ! » 

2-  Elle dispose d’un recours auprès de l’employeur de son époux récalcitrant pour se voir attribuer son salaire par une procédure simplifiée de retenue à la source.

3-  En ce qui concerne le mari débrouillard, une action pourra être menée contre lui devant le juge des référés, juge de l’urgence, pour l’obliger à payer le salaire de son épouse ou concubine.

Article 65 : Le refus pour une femme d’aller chercher de l’argent, bien qu’étant qualifiée, ne saurait justifier de la part de son mari (au sens large du terme) un refus de lui verser son salaire mensuel de mère au foyer. »

Et, vraiment, en tant que Présidente dictatrice, je me réserverais le droit d’y ajouter des choses à tout moment. Avec la majorité parlementaire à mon avantage, ce texte passerait comme une lettre à la poste.

Si ce qui précède était un programme politique, je sais que je serais élue, parce que les mères au foyer sont les plus nombreuses. Resterait alors les convaincre d’aller aux urnes. Là, ce serait un tout autre combat!

 

 

 

Lire la suite
Article : Ebéni ou l’histoire extraordinaire d’un « père au foyer » dévoué
Rencontres
10
27 mars 2017

Ebéni ou l’histoire extraordinaire d’un « père au foyer » dévoué

Contrairement à la norme en Afrique, de nombreux pères restent au foyer pour s’occuper des enfants lorsque la sécurité et la santé de ceux-ci en dépendent.

La plupart de nos sociétés sont machistes. C’est la mère qui reste au foyer pour tenir la maison et s’occuper des enfants. C’est une logique chez nous. Et la femme le sait aussi. A un point tel que, même si le travail de la femme est mieux rémunéré que celui de son mari (ce qui est d’abord difficilement acceptable), c’est elle qui arrêtera de travailler pour s’occuper des enfants. La question ne se pose même pas, pour des couples qui ont une nounou et le jour où celle-ci s’absente, de savoir qui du mari ou de la femme reste s’occuper des enfants. Cependant, on observe de plus en plus des cas où le mari se porte volontaire pour rester s’occuper de ses enfants, surtout lorsqu’il comprend qu’il y va de leur intérêt. C’est l’histoire de mon voisin Ebéni, chauffeur de taxi, qui ne cesse de m’émouvoir.

Ebénézer  a choisi de s’occuper lui-même de ses enfants

Ebéni est un homme qui a la trentaine, s’est marié assez jeune et est père de quatre enfants de 1 à 10 ans. Au début de leur histoire, m’a-t-il confié, son épouse était d’accord pour être une mère au foyer. Ils avaient estimé qu’elle n’avait pas besoin de rapporter de l’argent au couple, car le gagne pain d’Ebeni lui permettait de prendre tout en charge. Tout s’est bien passé pendant 2 ans. Puis un jour, son épouse, qui occupait son temps libre sur internet et dans les forums de discussions sur les droits de la femme, a déclaré qu’elle en avait assez d’être toujours enfermée, comme un « animal en cage ». Avec de l’argent donné par son père, elle acheta un fonds de commerce et se mit à vendre des vêtements pour femmes. Ebéni est sommé par son épouse de trouver une nounou pour ses enfants. Incapable de raisonner son épouse, il emploie une nounou.

Tous les jours à son retour du travail, il était interpellé par ses voisins sur les mauvais traitements que la nounou infligeait à son enfant. Il décida alors de la renvoyer. Au même moment, son épouse attendait leur 2ème enfant. Il cru alors que cette naissance là allait adoucir sa femme. Mais, rien à faire ! Elle retourne à son commerce 2 semaines seulement après la naissance du bébé. Puisque Ebéni refusait d’engager une autre nounou, il nous arrivait d’entendre son bébé pleurer dans la maison fermée pendant plusieurs heures avant de s’endormir de fatigue et de faim. Les 2 parents vaquaient à leurs occupations hors du domicile. Le bras de fer qui s’était installé dans le couple faillit coûter la vie du bébé. Devant les remontrances des voisins, le mari prit alors une décision des plus étonnantes dans notre contexte africain : il s’occupera désormais lui-même de ses enfants.

Pour un Africain, rester au foyer est un aveu de faiblesse… pas pour Ebéni !

Lorsque Ebéni décide de s’occuper lui-même de ses enfants, le couple en a 2 et la dernière de 6 mois est diagnostiquée mal nourrie. Elle est pâle, a un poids en-dessous de la moyenne, son ventre est ballonné, ses cheveux rougissent et tombent. Il devient pour son bébé un infirmier à domicile et s’efforce de la faire reprendre des forces. Bientôt autour de lui, les questions commencent à fuser et des voix de désapprobation s’élèvent.

« Pourquoi permets-tu à ta femme de travailler (la question naturelle posée au mari d’une femme qui a un boulot chez nous) ? Pourquoi tu ne divorces pas et ne te remaries pas avec une femme qui te respectera ? Tu n’es pas un homme. »

Ebéni est fier de sa décision et le fait savoir à tous. Curieuse, je lui ai posé ces mêmes questions. Sa réponse a été à la hauteur de la grandeur de l’homme. Ayant constaté qu’il ne pouvait plus rien pour son couple, il ne se soucie désormais plus que de ses enfants. Son épouse et lui continuent de vivre ensemble. Leur relation se limite au sexe, comme c’est le cas dans de nombreux couples africains. On ne divorce pas aussi facilement chez nous hein. Un jour, alors que son épouse avait quitté la maison en guise de protestation aux brimades de son mari, sa fille aînée lui posa des questions étranges, comme : « papa, maman est morte ? ». C’est ce qui le décida à rester avec sa femme et continuer d’agrandir sa famille. Aujourd’hui, ils ont 4 enfants, tous nés dans des tensions incessantes, mais au moins nés de la même mère, selon le souhait d’Ebéni.

Ebéni a fini par avoir des habitudes de femme

 

Son quotidien ressemble au mien, à la seule différence que sa conjointe ne le réveille pas à 5 heures du matin pour faire l’amour. Il organise ses travaux ménagers au gré des humeurs de ses enfants. Il les réveille tôt, les prépare pour l’école, prépare leur petit-déjeuner, les accompagne à l’école. Revenu de l’établissement scolaire de ses enfants, il fait la lessive, la cuisine, le ménage, la vaisselle. Il va chercher ses enfants à l’école à 13 heures et vient leur donner à manger. Il les fait siester, fait avec eux leurs exercices à domicile. Son temps libre, il le passe à se distraire au carrefour du coin avec sa dernière fille d’1 an dans les bras. Il prend une bière à l’échoppe du coin, en évitant les taquineries des voisins qui l’accusent de souiller la gent masculine.

Le plus drôle c’est lorsque nous, les femmes, nous nous retrouvons à discuter avec lui les prix de vivres frais au marché. Il a tellement acheté d’ingrédients pour qu’il a appris à ne plus se faire avoir par les vendeuses qui ont l’habitude de donner un prix plus élevé aux hommes qui viennent effectuer des achats. « Ne vois pas comme je suis un homme pour augmenter le prix hein ! Le macabo là mérite 500 francs ». Certaines vendeuses en viennent à lui demander quel genre d’homme il est, tellement elles savent que c’est un rôle de femme.

Avec quel argent nourrit-il ses enfants, s’il a choisi de ne pas travailler ?

Ebéni dit lui-même qu’il a la chance d’être encore jeune et d’être déjà papa des quatre enfants qu’il a toujours souhaité avoir. Il a pu s’acheter deux voitures mutées en taxis de ville du temps où il travaillait. Il conduisait l’une d’elles et avait confié la 2ème à son frère cadet. Depuis sa douloureuse décision de devenir « père au foyer », il a confié le taxi qu’il conduisait à un ami. De ses 2 voitures, il perçoit une recette de 20 000 francs cfa tous les jours. Il a choisi de se contenter de ce montant jusqu’à ce qu’il ressente au plus profond de lui qu’il peut les confier à une nounou.

Et au cas où vous vous demandez à quoi sert l’argent de son épouse, ce pour quoi elle s’est battue bec et ongles, eh bien il lui sert à se faire belle et désirable, à entretenir sa féminité, sa jeunesse et son charisme. Elle devient peu à peu une femme d’affaires respectée des autres femmes de l’association. Peu importe le prix à payer pour rester au top, elle aime être le centre de l’attention. C’est son choix et elle y tient

A la place d’Ebéni, quelles décisions prendriez-vous? Quels seraient vos choix de vie?

 

Lire la suite
Article : Mesdames, le crâne rasé, c’est mieux pour les petites filles
espoirs
14
23 février 2017

Mesdames, le crâne rasé, c’est mieux pour les petites filles

Raser les cheveux de sa fille relève d’un vrai casse-tête chinois pour la femme. Seulement 3 ou 4 mois après sa naissance, la fille doit déjà supporter de se faire tirer les cheveux avec des chichis pour être « belle » ou pour « ne pas ressembler à un garçon ». Ce sont les raisons principales que les femmes autour de moi avancent pour justifier cet état de choses. Je m’entends d’ailleurs constamment dire que je suis un « tyran » ou que je mets ma fille « mal à l’aise » parce que j’ai décidé de lui raser les cheveux.

Les cheveux longs et les tresses sont  le fruit des stéréotypes

Depuis des siècles, les Hommes ont toujours attaché une signification précise à la chevelure de la femme. Ils sont parvenus à construire autour de la chevelure et des tresses une idée de féminité. Une femme qui a les cheveux courts n’est pas féminine, et par conséquent n’est pas désirable. La société a ainsi réussi à voir dans les cheveux des femmes un signe de sexualité. Relâcher des cheveux longtemps attachés envoie un signal aux hommes pour leur dire qu’on est  désormais libre. Passer ses droits dans ses cheveux pendant qu’on s’adresse à un homme est perçu comme un geste de parade nuptiale. Je comprends que la femme veuille avoir de longs cheveux pour être désirable. Cependant, je ne comprends pas pourquoi elle souhaite la même chose pour sa petite fille. A cette inquiétude, une mère que j’ai interrogée m’a rassurée que c’était simplement pour que sa fille soit belle.

Que signifie le mot « beauté » pour un bébé de quelques mois ?

Si les femmes tressent leurs filles pour qu’elles soient belles, les fillettes ont-elles la capacité de voir la différence? Pour qui est cette soi-disant beauté? Quid du souhait de la différencier du garçon? Les mamans sont particulièrement obnubilées par le souci de différencier la fille du garçon, ceci dès la naissance. La société l’a très bien compris et les aide dans ce sens. En plus du style vestimentaire censé établir la différence, il a été décidé que les cheveux des filles seraient tressés. Ce qui me gène c’est l’âge auquel la fille commence à subir cette douleur car, il faut le dire, les tresses font mal. Moi même j’ai jamais réussi à transcender cette douleur.

Lorsqu’on regarde ces tresses réalisées avec du fil noir et rouge, on imagine bien toute la douleur que cette fillette peut ressentir. Je n’ose pas imaginer le temps que la réalisation d’une telle coiffure peut nécessiter. Crédit photo : moi-même

Tresser un bébé de 4 mois comme je vois ici au Cameroun doit être traumatisant pour l’enfant. C’est la raison pour laquelle elle pleure de toutes ses forces, à défaut de s’exprimer par des mots. La maman fait très souvent la sourde oreille et fouette l’enfant, l’accusant de ne pas vouloir être « belle ». C’est insensé dans la mesure où une fillette ne connait pas la mesure de la beauté. Elle a tout juste l’âge de manger, boire, dormir, se faire changer ses couches et soigner. En réalité, les femmes refusent juste de reconnaître qu’elles recherchent la beauté en leurs filles pour réaliser leur rêve de rester belles malgré des années de mariage et les multiples maternités. « Je sais que je ne suis plus belle. Ma fille le sera pour moi ».

Que faut-il associer au mot « beauté »?

Avant leur scolarisation vers l’âge de trois ans, les enfants reçoivent toute leur éducation des parents à la maison. C’est donc à ces derniers que revient en premier la tâche de leur expliquer ce qu’est la beauté. Si après l’avoir tressé, on répète à la fille qu’elle est belle, elle grandira en pensant qu’on n’est belle qu’avec les cheveux tressés. Par conséquent, elle ne supportera plus par la suite d’avoir les cheveux rasés. C’est ce qui explique le comportement de certaines élèves dans des établissements bilingues où il faut se raser. Elles jouent au jeu du chat et de la souris, jonglant avec les surveillants et les enseignants. Ces filles ne supportent pas de se voir sans les cheveux et préfèrent être mises à la porte de l’établissement tous les jours, plutôt que de se raser convenablement.

La plupart des femmes donnent l’impression que tresser les cheveux de la petite fille est un impératif catégorique, au même titre que lui percer les oreilles. Alors que l‘enfant doit savoir qu’elle est belle, que tout le monde autour d’elle est beau, sans condition. Elle doit grandir dans l’amour de son image, du reflet que le miroir lui renvoie. La fille doit grandir avec l’amour de l’autre, peu important son aspect. Elle se sentira d’autant plus à l’aise avec son crâne rasé au milieu de ses copines tressées. C’est la promesse que je me suis faite avec ma fille. Je continue de tenir bon devant les accusations de mes voisines d’être un tyran.

Non, une mère qui rase sa fille n’est pas un tyran

Le fait pour une femme de se raser a souvent été considéré comme un sacrifice. Au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, les femmes se rasent pour marquer la souffrance causée par la mort d’un proche. En outre, lorsqu’un parent veut punir sa fille trop entreprenante avec les garçons, il lui rase de force les cheveux. Par ce geste, il lui enlève sa féminité, et par ricochet, son charme sexuel. Aucun garçon n’osera plus la contempler, en est-il convaincu. C’est en cela que je suis vue comme une mère trop sévère. On me demande tout le temps pourquoi je punie ainsi ma fille.

J’apprends à ma fille à appréhender son look avec humour. Lorsqu’elle me demande pourquoi je la rase, alors que moi-même j’ai des tresses, je lui explique que les petites filles ne se tressent pas. Je la rassure en lui disant que quand elle sera grande comme moi, elle pourra se faire toutes les coiffures qu’elle voudra. Lorsqu’elle me demande pourquoi certaines élèves de sa classe ont des tresses, je lui réponds que leurs mamans sont têtues et que la maîtresse va les fouetter (chez nous, on fait tout entrer dans le cerveau de nos enfants par la promesse du fouet).

Je trouve ces cheveux sales et préfère du coup qu’elle soit rasée. Crédit photo : moi-même

Avec le crâne rasé, on gagne en temps et en propreté

Les mères se plaignent régulièrement de ne pas avoir assez de temps pour tout gérer. Paradoxalement, elles passent plusieurs heures du week-end à faire à leurs fillettes des tresses aussi compliquées qu’inimaginables, parfois collées au crâne. Ces heures peuvent pourtant être mises à profit pour des activités ludiques. L’enfant pourrait découvrir de nouveaux animaux chaque week-end dans un zoo. Elle pourrait déjà terminer ses exercices à domicile. Ce qui n’est pas le cas dans environ 80 % des cas. Autrement dit, prenez une école quelconque à Yaoundé, sélectionnez 100 filles qui ont des tresses, feuilletez leurs cahiers d’exercices à domicile et vous verrez que 80 d’entre elles ne les ont pas terminé.

Certaines mères ne parviennent carrément pas à tresser leurs filles en tout un week-end. Le lundi sur le chemin de l’école, on voit des fillettes avec des cheveux si sales que j’en ai la chair de poule. Pour toutes ces raisons, je préfère le crâne rasé. Au moins c’est propre. Le cuir chevelu est mieux entretenu. La fillette est à l’abri de nombreuses maladies du cuir chevelu telles que les pellicules et la teigne.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Lire la suite
Article : Rencontres sur le chemin de l’école au Cameroun
Rencontres
14
16 février 2017

Rencontres sur le chemin de l’école au Cameroun

Accompagner son enfant à pieds et jusqu’à sa salle de classe fait partie du quotidien de la mère au foyer, près de 7 mois sur 12. Ce qui au départ est une corvée devient peu à peu une joie grâce aux sourires et aux larmes qu’on rencontre sur le chemin de l’école. Ça devient finalement un moyen parmi plusieurs autres de s’aérer les idées avant de rentrer dans ses casseroles et ses couches.

Au Cameroun, le chemin qui sépare ma résidence de l’établissement scolaire où ma fille de 4 ans est inscrite est long d’à peu près 2 km de bitume délabrée. Afin que le chemin lui paraisse plus court, nous l’abordons en chansons parmi lesquelles le célèbre refrain : « L’école maternelle est une école comme ça. Avant 8 heures, tout le monde est déjà là. Vive l’école maternelle! C’est une école comme ça!« ….. jusqu’à ce que j’arrête subitement de chanter. Un motocycliste, « benskineur » comme on le dit au Cameroun, vient de renverser un jeune écolier et est parti sans se retourner.

Laisser son enfant aller seul à l’école au Cameroun

La première chose que je me demande à l’instant T est : comment peut-on laisser un enfant de 4 ans aller tout seul à l’école ? Puis, je me souviens de ma voisine qui a un enfant de 3 ans en maternelle, un autre de 18 mois qui nécessite toute son attention et, comme si ça ne suffisait pas, un bébé de 2 mois. Où peut-elle dans ces conditions trouver le temps d’accompagner l’enfant jusqu’à l’école à 2 km et à pieds ? Heureusement pour l’enfant accidenté : plus de peur que de mal.

Il poursuit en pleurant le chemin de l’école. Il n’a pas le choix. Retourner à la maison est suicidaire car il est certain d’essuyer une sévère bastonnade et une remontrance à la hauteur de la colère de sa mère. Celle-ci est généralement plus animée par le souci de faire de son fils un homme capable de supporter des douleurs, y compris celle d’un « petit » accident, plutôt que de le protéger en l’accompagnant à l’école.

Des enfants de la maternelle attendent tous seuls l’arrivée de leurs institutrices devant des salles de classe fermées.

Une fillette coincée dans une rigole

Ma fille et moi continuons d’arpenter la route en chantant lorsque nous sommes à nouveau interrompues par les cris d’une écolière qui vient de coincer le pied entre 2 dalles d’une rigole, de quoi mobiliser plusieurs passants. C’est la fille de 7 ans de ma voisine; je suis moralement obligée d’attendre de l’aider. On tente tout, absolument tout. Jusqu’à ce qu’un passant émette l’idée de verser de l’huile d’arachide sur le pied en question, afin de le permettre de glisser et de sortir du trou. L’astuce réussit et par chance, la petite a juste quelques égratignures. Toujours rien de grave.

Nous continuons notre marche jusqu’à commencer à hâter le pas. Nous sommes désormais en retard. Nous rencontrons désormais des personnes qui sont plus pressées les unes que les autres. Une dame attire particulièrement mon attention, et ce, plusieurs fois par semaine. Elle a un nourrisson attaché au dos, monte difficilement la colline qui mène à l’établissement scolaire. Elle traîne littéralement son fils de 4 ans par la peau des fesses pour l’emmener à l’école. Pour satisfaire ma curiosité, elle m’a confié un jour que son fils est très capricieux et cherche toujours une raison pour ne pas aller passer quelques heures loin de sa mère. Lorsqu’il n’est pas malade en simulant une fièvre, il ne veut pas des beignets de farine qu’on lui met dans le sac, ou alors il préfère le biscuit et le bonbon en lieu et place du pain.

Tout le monde est en retard

Lorsqu’on est en retard justement, tout le monde est en retard. La vendeuse de pain accompagné de haricot frit en guise de tartine est aussi en retard dans le service. Elle doit désormais se diviser pour pouvoir servir tous ces parents et élèves qui s’agglutinent devant elle. Un clash éclate alors presque tous les matins devant elle. Entre cette dernière et un élève qui jure lui avoir remis de l’argent et n’avoir pas encore été servi, on ne parvient jamais à connaître le fin mot de l’histoire.

Des enfants déjà en retard pour l’école achètent eux-mêmes leur petit déjeuner chez une vendeuse de pain tartiné de haricot.

Dans cet empressement des dernières minutes avant le début des cours, plusieurs hommes camerounais m’arrachent à coup sûr le sourire. Les hommes qui accompagnent leurs enfants à l’école à pieds ne les laissent pas marcher sur la boue des saisons de pluie ou la poussière des saisons sèches. Ils portent leurs enfants sur leurs cous et bavardent tout au long du chemin. L’enfant ne touche le sol que lorsque l’envie de pisser que l’homme traîne depuis sa maison parce qu’il est déjà en retard le dépasse finalement et le pousse à diriger ses bijoux de famille vers un caniveau et à se soulager fièrement.

Bien que tout le monde se presse, on rencontre aussi des personnes qui n’ont pas l’air d’en avoir conscience, comme cette dame que je trouve pratiquement tous les jours entrain de doucher sa petite fille dans la cour de sa maison. Elle vit à 50 mètres de l’établissement et estime par conséquent ne pas avoir besoin de se presser plus que çà.

Dès que je laisse ma fille sous la surveillance de son institutrice et que je dois retourner m’occuper de ses frères cadets, j’ai plus intérêt à me dépêcher. Cependant, je suis souvent perturbée par ces jeunes hommes aux volants de leurs voitures (on dit chez nous que les femmes sont attirées par l’odeur du carburant). Très perturbée par un journaliste résident dans le coin (il se reconnaîtra à la lecture de ce billet), toujours sapé comme jamais, à qui je jette un regard coupable,qui semble lui dire : « viens et enlève-moi! ». Un regard qu’il me rend volontiers, avec un large sourire. Cet homme que je prie à chaque fois de rencontrer  sur le chemin de l’école.

 

Enregistrer

Lire la suite
Article : J’ai un incroyable talent, j’en suis convaincue
espoirs
0
29 décembre 2016

J’ai un incroyable talent, j’en suis convaincue

« L’Afrique a un incroyable talent » a mis la clé sous le paillasson, et c’est à ce moment que je me souviens que je devais postuler. Pourquoi je n’ai pas postulé en fait? Quel est mon talent?

Une mère au foyer est une adepte de la procrastination. Tous les jours, elle veut faire des choses qu’elle ne fait finalement pas. L’oubli, la fatigue, la paresse, le découragement, ou plutôt le « non encouragement ». Oui, une mère au foyer a besoin qu’on lui rappelle qu’elle a des talents à faire valoir.

Je regarde les talents se dévoiler à la télé depuis quelques années. Je m’étais toujours dit que si jamais une telle aventure arrivait au Cameroun, je serai la 1ère à faire découvrir le talent de chant que je possède.

Depuis petite, mon père m’a toujours dit que je chante bien. A la maison, je cassais les oreilles à tout le monde avec des interprétations personnalisées de mes chansons préférés. Mon père me répétait à chaque fois : « Mireille, c’est que nous sommes en Afrique. Il faut d’abord que je vous trouve de quoi manger. Mais, je te le promets, je t’achèterai une guitare, tôt ou tard. Je te ferai prendre des cours de musique. » Je n’ai jamais eu ma guitare. J’ai continué à fredonner des airs bien connus jusqu’à ce que mon mari repère mon talent : « mais, ma chérie, tu chantes plutôt bien hein. Sais-tu que les gars vont faire l’Afrique a un incroyable talent? Ils vont faire une audition au Cameroun. Il faut qu tu y ailles! Je crois en toi. »

l’équipe de stars du jury de l’Afrique a un incroyable talent, saison 1

Me voilà lancée dans des répétitions solo tard le soir, abandonnant mon mari seul sur notre lit conjugal et coupant le sommeil à mon bailleur qui ne manque pas de me le faire savoir le matin. Me voilà déjà à m’imaginer que j’ai remporté l’Afrique a un incroyable talent. D’ailleurs, dans un de mes rêves à propos, je me vois en Côte d’Ivoire. J’ai rencontré un Ivoirien qui a chamboulé mon cœur. J’ai pris la décision de quitter le Cameroun pour m’installer avec mon nouveau mari… Bref, j’ai pris la grosse tête.

Arrive le jour de l’audition au Cameroun, le trac me submerge complètement. J’ai des idées noires. Je me demande depuis quand chez nous on réussit de telles auditions. Je suis certaine qu’ils vont sélectionner des connaissances à qui ils vont offrir ce voyage en Côte d’Ivoire. Ils connaissent à coup sûr des commerçants qui vont profiter de cette aventure pour aller gratuitement faire des emplettes. Je suis convaincue que les vrais talents seront laissés de côté au profit des personnes cooptées parmi les amis des amis et connaissances camerounais. Finalement, je ne suis pas allée aux auditions.

Pourtant, j’ai un incroyable talent

Je me suis résolue à regarder les prestations à la télé, en compagnie de mon mari. Le soir de la finale de l’émission, je me suis surprise entrain de faire des supputations sur ma non participation à l’aventure.

Moi : « chéri, tu crois que j’aurai pu remporter ce concours de talents et devancer ces acrobates? »

Lui : « oui, mon cœur, je crois vraiment que tu aurais pu gagner et rempoter les 10 millions de FCFA. Nous aurions changé de vie radicalement, tu sais. Ouvrir cette entreprise de prestation de biens et de services qui nous tient tant à cœur aurait désormais été à notre portée ».

Dans ma tête, je me dis : « il pense sereinement que je serais revenue de la Côte d’Ivoire comme j’y suis entrée, c’est-à-dire toujours amoureuse de lui? Avec accent ivoirien là? Nooooon, j’en doute »

Depuis le temps que je lui dis qu’une mère au foyer a besoin d’être galvanisée sans cesse, voire accompagnée. Si elle se sent seule, ne serait-ce une seconde, elle peut passer à côté d’une opportunité.

PS : je n’ai pas participé à « The voice Afrique francophone » non plus.

Je suis certaine d’avoir loupé ma chance. Jugez par vous-même!

 

 

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Lire la suite
Article : J’ai rencontré des mamans extraordinaires à Madagascar
Billets
7
19 décembre 2016

J’ai rencontré des mamans extraordinaires à Madagascar

J’ai récemment eu l’occasion de participer à la formation Mondoblog, du 20 au 25 novembre à Madagascar. Des blogueurs de 16 pays et aux caractères plus trempés les uns que les autres se sont retrouvés et ont eu la chance de se découvrir. Des rencontres formidables. Au fil des échanges, j’ai fait la connaissance de mères formidables, plus amoureuses de leurs familles que moi. Je ne savais pas qu’il était possible d’être encore plus amoureuse de sa famille.

La mère protectrice Bodo Andriamialison


Malgache, résident entre la France et Madagascar, Bodo est une femme forte qui donne l’impression d’avoir besoin de repos, après s’être tant battue pour élever sa progéniture. « C’est mon fils » : m’a-t’elle dit lors de notre tout tout tout tout tout premier échange, pointant du doigt Andriamialy Ranaivoson, mondoblogueur de la 4ème saison. Je me souviens avoir froncé le sourcil en me demandant si c’était possible qu’elle soit la mère de ce bel homme malgache. Eh oui, c’était bien vrai. Elle le faisait savoir haut et fort. Elle le défendait et surtout le protégeait (c’est à cause de telles mamans que les belles filles ne font jamais le poids). Elle commandait pour deux tous les matins lors du petit déjeuner jusqu’au jour où la directrice du café lui fit savoir qu’elle « commandait plus de choses qu’autorisé par Mondoblog ». Alors là, Bodo lui répondit assez fermement, en malagasy, ce qu’elle a bien voulu me traduire par la suite : « madame, je commande pour mon fils et moi tous les matins. Vous avez intérêt à vous y faire, et Mondoblog aussi d’ailleurs. » J’ai souri et me suis dit qu’elle était la candidate parfaite pour ce billet.

J’ai beaucoup parlé de la famille avec Amélie Jacques

blogueuse française résident en Afrique du Sud

Amélie, la pétillante Amélie. Française résident en Afrique du Sud, elle est pleine de vie. Au premier regard, elle m’a dit qu’elle était amoureuse de son fils de 10 mois. Elle m’a confié que lorsqu’elle a appris qu’elle irait à Madagascar pour la mondoformation, elle a demandé si elle pouvait venir avec son fils. Là, je me suis demandé si c’est moi qui n’aime finalement plus autant mes enfants que je ne me le dis. Lorsque j’ai appris que je devrais laisser mes enfants seuls pendant 10 jours, j’ai lâché un gros gros gros gros ouf de soulagement. Je me suis dit qu’enfin, après 4 années sans un seul petit moment pour moi, je vais me retrouver seule à réfléchir sur ma vie et mon avenir. Partir loin de mes enfants m’a fait le plus grand bien et je les ai retrouvés avec beaucoup d’entrain pour la suite. Amélie, par contre, a souhaité venir avec son fils pour ne pas être loin de lui, ne fût-ce pour 10 jours. Alors chapeau, Amélie !

L’adorable Fatim Touré

Elle vient du Burkina Faso mais réside à Madagascar. Fatim n’a pu nous rejoindre qu’à la fin de la formation. Mais le temps passé avec elle m’a fait découvrir une mère fière de l’être. Mère au foyer, elle est ravie d’élever ses enfants en bas âge. J’avais déjà l’impression de la connaître avant de la rencontrer. Dès que j’ai posé les pieds à Madagascar, j’ai commencé à chercher l’auteur de ce billet que j’ai tant aimé, Maman, maman tu sais…?  en me demandant comment je n’y avais pas pensé avant. Fatim a compté pour nous toutes les fois qu’un enfant dit le mot maman en une journée. Etre une mère se vit et se ressent au plus profond de l’être. Cette sensation l’a poussée à nous faire déguster des succulents jus d’oseille et de gingembre comme elle sait les faire.

Le plus triste c’est que je n’aurai jamais assez de mots pour dire toute mon admiration devant ces mères.

Que dire de Aminata Thior?

blogueuse sénégalaise résident en France

 

Discuter avec elle vous amène à comprendre qu’être maman est surtout une force qu’il suffit d’utiliser à bon escient. Elle est pleine de joie de vivre et d’entrain. Ça change de l’image de la mère triste et frustrée.

Chapeau, les mamans !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
Partager les histoires, la vie, les rêves, les espoirs d'une mère au foyer

Auteur·e

L'auteur: Mireille Flore Chandeup
Juriste conseil à son propre compte, elle écrit à ses heures perdues. Elle est ici pour présenter la vie et ses vicissitudes du point de vue d'une mère au foyer. Le saviez-vous, qu'une mère au foyer voit des problèmes où personne ne les voit et n'en voit pas où tout les monde les voit? Venez, elle va vous l'expliquer en profondeur!

Populaires

Article : Mon mari est un africain
Mon mari est un africain
8 mai 2016
Article : Cameroun : les droits successoraux de l’enfant naturel
Cameroun : les droits successoraux de l’enfant naturel
20 juillet 2016
Article : Ma première fois, j’ai piloté l’avion jusqu’au septième ciel
Ma première fois, j’ai piloté l’avion jusqu’au septième ciel
26 juillet 2017
Article : Le 4ème homme de ma vie : l’histoire de mon infidélité 1/2
Le 4ème homme de ma vie : l’histoire de mon infidélité 1/2
8 juin 2019
Article : Journal d’une mère au foyer
Journal d’une mère au foyer
2 août 2016
mtnboss.com © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
1273