Moi, Présidente, j’accorderais un salaire aux mères au foyer

Moi, Présidente ? Moi, Présidente…….

Evident d’imaginer ce que je ferais si j’étais élue Présidente. Une  chose est très claire dans ma tête, c’est que je serais rapidement désavouée pour dérive autoritaire. Oui, je serais une présidente dictatrice parce que la dictature marcherait mieux pour faire valider les décisions que je prendrais et accepter que je ne prenne aucune décision, au besoin.

Soit ce qui suit ne saurait se réaliser parce que relevant plus du rêve que de la réalité, soit, Présidente, je subirais un coup d’Etat au bout de quelques mois.

Moi, Présidente, j’accorderais un salaire aux mères au foyer

Bah oui, je suis une mère au foyer. Vous attendiez-vous à autre chose de la part d’une femme qui loue les mérites de celles qui choisissent de s’occuper elles-mêmes de leur progéniture ? Si on demandait à une vendeuse de tomates ce qu’elle ferait, millionnaire, et qu’elle répondait qu’elle ouvrirait une parfumerie, là, ce serait inquiétant.

Pour les mères au foyer, je ferais les choses bien, de quoi leur mettre un peu de baume sur le cœur. La fragilité de leur situation auprès de leurs conjoints est des plus inquiétantes. Refus des responsabilités des pères, abandon des foyers, manque d’informations relatives au droit successoral, la précarité des relations de père-fils résultant du non établissement des actes de naissance, plusieurs conflits familiaux et la fragilité des relations conjugales résultant des « mariages non officiels » m’obligent à penser à améliorer en premier leur statut.

Et je ferais çà… légalement

Au Cameroun, Un projet de code des personnes et de la famille est sur la table des députés depuis plusieurs années. Pendant que certains trouvent que nous avons déjà fait un grand pas en remplaçant, dans le code civil napoléonien de 1804 qui nous est toujours applicable, les mots « français » par « camerounais » , d’autres pensent que, et c’est ce qui freinerait son adoption, que le projet ne colle pas suffisamment aux réalités camerounaises. La polygamie y est érigée en norme, mais ça ne suffit apparemment pas. Cependant, personne n’a pensé à codifier et encadrer la situation de « mère au foyer ».

Moi, Président, j’utiliserais les pouvoirs de la dictatrice que je serais pour insérer dans ce projet de code des personnes et de la famille un paragraphe qui traiterait de la protection civile de la mère au foyer. Ce serait finit les « tu fais quoi avec l’argent alors que tu es seulement à la maison ? » ou les « c’est ton devoir de rester t’occuper des enfants. Tu n’as pas besoin d’argent. Je t’en donne assez pour mes enfants ». Ce paragraphe du code serait ainsi articulé :

« De statut particulier de la mère au foyer

Article 62 : Bénéficie du statut particulier de la mère au foyer toute femme qui ne travaille pas hors du domicile conjugal, soit parce qu’elle n’a pas les qualifications nécessaires pour trouver un travail hors de la maison et est par conséquent résolue à s’occuper de son foyer ; soit parce que, malgré des qualifications nécessaires, elle a choisi de plutôt s’occuper de son foyer.

Article 63 : 1- Un salaire mensuel minimum de 50 000 fcfa est accordé à toute femme qui choisit d’être une mère au foyer.

2- Ce salaire minimum est censé couvrir les frais d’entretien de la maison et des enfants, peu importe que la femme ait ou non des enfants.

3- Ce salaire sera complété d’une prime dépendant du nombre d’enfants auxquels elle donnera naissance,  de 10 000 fcfa par enfant par mois.

Article 64 : 1- Le salaire de la mère au foyer sera payé par son mari ou fiancé, étant donné que les hommes préfèrent très souvent vivre « le viens on reste ! » 

2-  Elle dispose d’un recours auprès de l’employeur de son époux récalcitrant pour se voir attribuer son salaire par une procédure simplifiée de retenue à la source.

3-  En ce qui concerne le mari débrouillard, une action pourra être menée contre lui devant le juge des référés, juge de l’urgence, pour l’obliger à payer le salaire de son épouse ou concubine.

Article 65 : Le refus pour une femme d’aller chercher de l’argent, bien qu’étant qualifiée, ne saurait justifier de la part de son mari (au sens large du terme) un refus de lui verser son salaire mensuel de mère au foyer. »

Et, vraiment, en tant que Présidente dictatrice, je me réserverais le droit d’y ajouter des choses à tout moment. Avec la majorité parlementaire à mon avantage, ce texte passerait comme une lettre à la poste.

Si ce qui précède était un programme politique, je sais que je serais élue, parce que les mères au foyer sont les plus nombreuses. Resterait alors les convaincre d’aller aux urnes. Là, ce serait un tout autre combat!

 

 

 

2 Commentaires

  1. Vraiment cool. Comment est ce que tu m’a caché ce talent!!! Vraiment le mois prochain j’envoie madame au foyer. En attendant ta candidature presidentielle.

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