Je rêve de grandeur

Parmi les rêves que je fais régulièrement, il y a celui-ci : mon mari a 1m80, est très riche et mon fils a 35 ans. Je suis folle hein? c’est pas grave. Je raconte quand-même mon rêve.

Dans la vie, il y a les rêves qui se réalisent et ceux qui ne se réalisent pas. Mon rêve d’avoir un mari qui mesure 1m80 est irréalisable car à son âge, la taille ne peut certainement pas faire un grand bond. C’est possible d’être très riche s’il arrête enfin de faire le sassayé avec l’argent de notre ménage. Le rêve d’avoir un fils de 35 ans est réalisable si j’ai la patience nécessaire. Si j’ai toutes ces visions dans le même rêve c’est que je rêve de grandeur. Ah oui, j’aime voir les choses en grand, dans tous les sens du mot.

Je rêve d’une vie avec un homme d’1m80…

Je vous assure que c’est aussi le rêve d’une bonne partie de la gent féminine. Un homme grand de taille, ça donne l’impression de dominer le monde. On fait des envieux lorsqu’on entre dans une salle de cérémonie. Moi, je suis obligée de me coltiner l’homme de petite taille que j’ai épousé. Je suis coincée dans des ballerines à ne pas vouloir paraître plus grande que lui. « Mais, chérie, pourquoi ne mets-tu pas les chaussures à talons que je t’ai offertes l’autre jour? ». « Non, chéri, j’ai mal à la cheville, je ne pourrai pas supporter les talons ». S’il savait combien je déteste paraître plus grande que lui!

… de surcroît riche

Qui n’aime pas l’argent? Qu’est-ce qui gouverne le monde? Mon homme fait partir d’une catégorie d’hommes qui claquent leur argent dans les jeux de pari. Le pari sportif est son nouveau passe temps. Pendant ce temps, je vais à pied au marché tous les jours. Des fois, lorsque je traverse la route, je risque de me faire écraser par une jolie Toyota Avensis, la voiture de mes rêves. Qui je vois en sortir ? Une voisine mère au foyer comme moi. Elle fait un quart de tour, gare sa voiture aux abords du marché et entre faire ses achats de la semaine. Toute médusée, je regarde ébahie jusqu’à ce qu’elle ressorte, mette ses sacs dans la malle arrière avant de s’installer au volant et de démarrer en trombe. Je l’avoue, j’en suis jalouse. C’est ainsi que toutes les nuits, je suis obligée de rêver que mon homme me sorte de cette galère. Je rêve de goûter tous les plats de nourriture présentés dans les émissions de cuisine comme les émincés de quelque chose… je me refuse de retenir la suite pour ne pas sombrer dans la dépression. Est-ce ma faute?

Je rêve du jour où mon fils sera grand

Pourquoi suis-je pressée? Pourquoi ne pas savourer tous les moments que je passe avec lui dans les bras avant qu’il n’atteigne l’âge de ne plus être porté ? Pourquoi suis-je si pressée de le voir passer par l’adolescence, cet âge où l’enfant devient incontrôlable et se comporte de façon à donner le tournis ? Eh bien, j’ai hâte que quelqu’un me souhaite enfin « bonne fête ». Je ne reçois jamais de joyeux anniversaire, ni de bonne fête de la femme, ni même de bonne fête des mères. Chaque année à l’approche de ces 3 événements, je me dis que ce sera la bonne, que cette année-ci, quelqu’un se souviendra de moi. Mes frères peut-être, mon père ou mon mari! Non, rien, personne. C’est surprenant n’est-ce pas?

La raison n’en est pas que les hommes oublient de souhaiter ces événements, mais qu’ils les souhaitent surtout à une personne particulière : leurs mères. Faut voir sur les réseaux sociaux à quel point les hommes encensent leurs mères à l’occasion de la fête des mères. Maman travaillait dans un boîte de nuit, dormait toute la journée et ne s’est par conséquent pas occupée d’elle-même de ses enfants : maman était une femme extraordinaire, elle s’est battue toute sa vie pour que nous puissions manger et aller à l’école. Maman fouettait si fort qu’on en a encore aujourd’hui des cicatrices sur tout le corps : maman était une femme formidable, elle a tout fait pour que je ne devienne pas un voleur.

A l’occasion des fêtes de la femme dans mon foyer, je faisais souvent ce reproche à mon époux de ne mot dire, sa façon à lui de dire que cette fête n’a de sens que de pousser les femmes à se dévergonder le temps d’une journée avec un uniforme avilissant qui sert seulement les intérêts de la classe dirigeante. Mais un jour de 8 mars, je le surprends entrain de téléphoner à sa mère pour lui souhaiter une bonne fête et lui demander si la robe qu’il lui a fait faire avec le fameux uniforme lui va bien.

Là je me suis dit qu’un jour, mon fils aussi sera grand et enfin je recevrais cette attention que je réclame finalement à tort à mon mari.

Lorsque mon fils sera grand, il me souhaitera un joyeux anniversaire, une bonne fête de la femme, une bonne fête des mères, ……… m’achètera la voiture que je n’arrive pas à obtenir de mon mari et……… me fera manger ces fameux émincés de quelque chose, j’ai oublié la suite.

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