Rentrée scolaire : je refais le chemin de l’école avec le même plaisir

Lundi 4 septembre dernier, c’était jour de rentrée scolaire au Cameroun. L’école reprend timidement après plusieurs mois de vacances passés pour beaucoup loin de la résidence habituelle. Le matin, à nouveau, je revois des parents et des enfants  se presser, harceler le vendeur de beignets ou de pain pour ne pas arriver en retard. J’étais sans doute plus excitée que ma fille, du fait de retrouver ces moments de complicité avec mon enfant. Assurément aussi très excitée à l’idée de revivre certaines scènes du matin qui me faisaient marrer l’année dernière. Le fou rire est au rendez-vous lorsque je revois des tous petits pleurer. La réaction d’un enfant le 1er jour d’école est si jouissive à regarder.

Les vacances furent longues comme d’habitude. On en a très vite oublié l’ordre et le rangement de nos affaires. Il est alors difficile de se ressaisir lorsque la rentrée pointe son nez à l’horizon.

Un lundi de rentrée scolaire : 30 minutes à rechercher le sac à dos de ma fille

La veille de la rentrée, dimanche, je me suis souvenue vers 10 heures que l’uniforme scolaire de ma fille n’était pas propre. Pendant que je le lavais, j’ai pensé à ses chaussures, celles de l’année dernière, dans un sale état et qui ne lui vont plus de toute façon. C’est alors que j’ai compris que j’ai été très laxiste pendant les vacances. J’aurais du lui acheter de nouvelles chaussures car les pieds des enfants poussent très vite. Les chaussures ne leur vont bien qu’environ 6 mois. Trop tard cependant ! Elle devra commencer l’année avec des chaussures ouvertes !

Je croyais que j’avais tout préparé la veille, jusqu’à ce qu’arrive l’heure de partir à l’école. Le sac de classe est introuvable. Je l’avais complètement zappé, celui-là. Je me suis mise à fouiller partout. L’ironie de l’histoire c’est que je ne suis pas en train de chercher le sac de l’année dernière, mais celui que j’ai acheté il y a juste 2 semaines et que j’ai caché exprès loin du regard curieux de ma fille. Après avoir abandonné les recherches au bout de 30 minutes, je le retrouve par hasard en prenant les chaussures dans un sac sous le lit. Terrible!

Des enfants qui pleurent pour leur 2ème rentrée scolaire

Quelques jours avant la rentrée, j’avais commencé à préparer ma fille au fait que l’école allait recommencer bientôt. Je l’avais préparée au fait qu’elle ne mangerait plus beaucoup. Elle savait que c’était fini les gros plats de macabo toutes les heures. Je me plaisais d’ailleurs à l’écouter dire à ses copines du quartier qu’elles ne pourront plus rester jouer au quartier toute la journée… tout en espérant que sa rentrée scolaire se passerait mieux que celle de l’an dernier.

Cependant, lorsque nous sommes arrivées dans son établissement le jour de la rentrée, elle m’a regardée profondément et m’a demandé si j’allais la laisser rentrer à la maison seule. Je lui ai dit « oui » et son visage s’est marqué d’une profonde tristesse. Plus rien à faire à partir de cet instant ! Ni les discours galvanisants, ni les chansons d’amour ne pouvaient lui redonner le sourire. Elle refusa d’entrer dans sa nouvelle salle de classe, elle ne comprenait pas encore qu’on change de salle chaque année. Elle se mit à réclamer son enseignante de l’année dernière et éclata alors en sanglots.

La voir pleurer m’a bizarrement fait du bien, je me suis dit que ma fille voulait rester avec sa maman chérie, plutôt que d’être avec des inconnus. J’ai du lui réexpliquer le principe de l’école et la regalvaniser pour les jours suivants. Ensemble, nous nous sommes moquées des enfants qui pleuraient et qui refusaient de laisser partir leurs parents les jours d’après.

Revoir ces personnes, hommes et femmes, qui faisaient mes journées

Pendant toute la semaine qui a suivi, j’ai eu l’occasion de revoir des gens avec qui j’avais sympathisé l’année dernière. Quelques échanges rapides à la sortie des classes. Nos enfants continuent dans la même classe. Nous en avons encore pour un an, je l’espère.

Les femmes ont beaucoup changé physiquement. Celles qui étaient enceintes l’année dernière ont désormais une silhouette amincie qui révèle un autre visage d’elles. J’entends même une dame dire à une autre : « je ne te voyais pas aussi jolie l’année dernière hein!« , elle n’a pu taire son étonnement comme moi. Dans un autre sens, plusieurs autres femmes sont enceintes et ont l’air plus fatiguées que l’an dernier. Même là, beaucoup ne cachent pas leur surprise : « donc, tu étais encore sur ça ?« , entendez : « je croyais que tu ne comptais plus accoucher hein! », mais chacune fixe sa limite où elle veut.

Les hommes, quant à eux, sont restés les mêmes. J’ai revu ce militaire qui accompagne son fils avant de se rendre à son lieu de service.Un homme aux jambes légèrement arquées, un vrai régal pour les yeux. J’ai aussi revu cet autre parent d’élève qui venait toujours en culotte dévoilant ses jambes velues juste comme il faut. L’homme qui portait sa fille sur les épaules la porte toujours ainsi. Pour lui, elle n’a pas encore grandi.  Mon plus grand plaisir c’est de revoir le journaliste dont le regard me faisait frémir l’année dernière. Ses enfants vont cette année dans le même établissement que ma fille, sa fille cadette est d’ailleurs dans la classe de ma fille. Peut-être vais-je enfin tenter une approche. Non?

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