Une journée en enfer (2ème partie) : réconciliation avec ma belle-mère

Répudiée par ma belle-famille, bien que athée, je sens qu’il faut faire appel à Dieu pour me tirer d’affaire.

En matière de croyance divine, il existe plusieurs catégories de personnes : ceux qui croient en Dieu et l’affirment haut et fort, ceux qui croient mais n’osent pas le dire parce qu’ils ne respectent aucun précepte biblique, ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir besoin de croire en Dieu, ceux qui ne croient pas mais disent le contraire pour ne pas recevoir les foudres de la société, ceux -moins nombreux- qui ne croient pas et le font savoir fermement. Je faisais partir de cette dernière catégorie dite des athées jusqu’à ce je me retrouve dans les griffes de ma belle-famille.

Je me retrouve malgré moi chez ma belle-mère, réunion familiale oblige. Je refuse de m’en aller comme il me l’a été demandé, toujours sans mot dire. Et je me dis que si je me mets au travail tout de suite, on me pardonnera mes erreurs passées. Oui, chez nous, c’est une erreur -et je le comprends tout juste- de croire qu’on peut vivre sans se soucier de la belle-famille et de son influence sur son couple. La belle-famille te pourrit la vie par des rapports, mensonges, techniques avancées de manipulation et autres. Je découvre en prenant de l’âge qu’il vaut mieux faire semblant de se plier à ses volontés pour maintenir son couple dans la stabilité.

Être maman d’un garçon a tout bousculé dans ma tête

maman de garçon, via pixabay.com

En fait, depuis que je suis maman d’un garçon, j’ai beaucoup réfléchi. Le garçon est plus capricieux, t’oblige à prendre plus soin de lui. Il te suit partout où tu te rends, en pleurs. Il ne veut être porté que par sa maman. Un tel attachement rend la mère plus attachée à lui. Le jour de la circoncision, il pleure tellement que toi, maman, tu te demandes : « après tout ça, une arriviste viendra me manquer de respect ? ». Je commence à me poser cette question, en temps que mère. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me rapprocher de ma belle-mère et de lui faire comprendre peu à peu que je respecte tout ce qu’elle a enduré sur mon mari afin qu’il devienne cet homme que j’aime aujourd’hui.

Ceci dit, face à toutes les attaques verbales de ma belle-famille, je suis muette comme une carpe. Il avait été décidé avant mon arrivée de concocter du kondrè, rôti de plantain très prisé chez nous lors des regroupements de tous genres. Je décide alors de me mettre à éplucher le plantain que j’ai aperçu dans la cuisine. Au bout de trois plantains épluchés, je suis stoppée nette par une série de reproches. Je suis gauchère et je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir que c’était une tare.

« Donc tu es gauchère. C’est un sérieux problème pour l’éducation des enfants. Comment leur feras-tu comprendre qu’il n’est pas bon d’utiliser la main gauche? Les gauchers ne vont pas bien loin dans la vie. Comment peux-tu faire la cuisine de la main gauche ? Comment vas-tu réussir l’assaisonnement du repas de la main gauche ? Ma fille, être gaucher c’est comme être handicapé. Je n’ai jamais souhaité avoir une belle-fille handicapée. Je comprends pourquoi tu te caches depuis tout le temps que tu es mariée à mon fils. »

Je demande pardon à Dieu

amour de Dieu, via youtube.com

amour de Dieu, via youtube.com

Venir invoquer Dieu maintenant est-il mal ? Je me rappelle alors tous les enseignements de mon amie Priscille Seing, témoin de Jéhovah. Elle me dit toujours que Dieu est bon et miséricordieux. Il pardonne à tous ceux qui décident de lui faire confiance maintenant et de remettre en lui leur vie. Pour lui, il n’est jamais trop tard. Devant tous les reproches de ma belle-mère, je décide de m’en remettre à Dieu pour m’aider à lui faire comprendre qu’être gaucher n’est ni une maladie héréditaire, ni un handicap. Dieu me fit avoir une vision lointaine. Je me remémore soudainement des propos de mon mari qui m’a dit il y a 9 ans lorsque Nicolas Sarkozy arrivait à la tête de la France que sa mère était fascinée par ce candidat juste parce qu’il est gaucher et qu’elle était très surprise de voir qu’un gaucher pouvait aller si loin. Et que un an après, elle avait été fascinée par le candidat Obama à la maison blanche parce qu’il était noir et par dessus tout gaucher. Je décide qu’une fois qu’elle serait calmée, je lui en parlerai.

Devant ce reproche d’être une gauchère, je ne dis toujours mot et je continue d’éplucher le plantain. Puis j’entame la cuisson. Pendant que je surveille ma marmite sur le feu, je décide d’aller parler à ma belle-mère. Cette dernière se révéla moins sévère que je ne l’avais toujours pensé.

-Moi : maman, dis-moi! tu connais Nicolas Sarkozy et Barack Obama?

-Elle : bien sûr que oui.

-Moi : tu sais qu’ils sont gauchers n’est-ce pas ?

-Elle : oui oui, je m’en souviens justement

-Moi : Voilà deux gauchers qui sont allés bien loin, maman !

-Elle : Mais, c’est là-bas, aux pays des blancs. Il savent éduquer l’enfant, le guider vers ses désirs et ses souhaits et faire de lui un Président.

-Moi : Et que dis-tu des présidents africains ? Abdoulaye Wade, l’ancien Président du Sénégal, est gaucher…

-Elle : Ma fille, les présidents africains sont des enfants qui ont été élevés dehors, ou qui ont fait des études supérieures dans les pays des blancs. Je te le dis, ma fille, un enfant gaucher n’a aucune chance chez nous. Il subit trop de stigmatisation pour pouvoir élever la réflexion et comprendre de lui-même que ce n’est pas une tare. Avec une maman gauchère, ça n’arrange pas les choses pour lui. Je te le dis, tes parents auraient du t’apprendre à être droitière. Ne permets pas à mes petits enfants d’être gauchers !

A cet instant, je me souviens que le sage est prompt à écouter et lent à réagir. J’estime que c’est Dieu qui m’inspire ainsi hein. Je décide d’acquiescer aux derniers propos de ma belle-mère. Aujourd’hui, de longs mois après cette journée, comme j’aurai aimé lui répondre et lui dire que ma fille aînée est droitière, que je lui apprends tout de même ce qu’est la stigmatisation afin qu’elle considère comme normaux ses camarades de classe gauchers, que mon fils cadet sera peut-être gaucher et que sa sœur aînée sera là pour lui dire qu’il est un enfant normal. Bref,  ce jour de réunion familiale, j’ai préféré me taire pour ne pas être taxée d’intellectuelle d’aujourd’hui qui croit qu’avoir parcouru 100 villages -grâce à Internet hein- vaut un siècle de vie sur terre.

Paroles de sage

A la fin de la journée, après la fameuse réunion familiale et alors que je m’apprêtais à effectuer le chemin du retour, ma belle-mère me prit à part et je l’ écoutai avec attention.

« Ma fille, une belle-mère, ça ne mord pas. C’est naturel chez une mère de vouloir ce qu’il y a de mieux pour son fils. Tu le comprendras lorsque ton fils se mariera. Peut-être que toi -avec le sourire-, tu voudras choisir son épouse pour lui. Ce que je n’ai pas fait. Sois très sage ! J’attendais juste de toi que tu me respectes, me passe le bonjour de temps en temps, que tu me racontes ce que mon fils devient. D’ailleurs, est-il toujours aussi capricieux? Aime-t-il toujours autant le couscous de maïs à la sauce gombo? Aime-t-il toujours manger le torse nu? Comprends-tu ma déception de ne plus pouvoir rien savoir sur mon fils? »

 Que celui qui a des yeux pour lire lise !

Tout le meilleur à toutes les belles-mères !

 

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3 Commentaires

  1. Pas facile belle – mère et belle-fille; y en a qui en font trop,d’autres rien.on ne sera jamais satisfaite. Nul n’est parfait, on essaie juste de s’accommoder du mieux possible ! Bon courage à toutes les belle – mères et les belle-filles.

  2. La relation belle-fille et belle-mère n’est pas du tout facile mais il faut fermé les yeux et serré le cœur pr mieux avancé

  3. Si j’ai un conseil à toutes les femmes, ce serait sincèrement de faire de leur belles-mères des complices et des confidentes. Elles sont incontournables pour gagner réellement le cœur du mari. Sinon hein…

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