Une journée en enfer (1ère partie)

L’enfer pour moi, et pour la plupart des femmes mariées, c’est de séjourner dans sa belle famille.

En Afrique, le mariage signifie 9 mois sur 12 chez soi et 3 mois chez la belle-mère. L’épouse doit être prête à voyager. Au claquement de doigts de la belle-famille, elle doit répondre présente. C’est avec la belle-mère qu’on est mariée en réalité. Elle connait souvent mieux sa belle-fille que le mari lui-même. Lorsqu’on fait un décompte des heures passées avec elle, on se rend compte qu’elle ravie la médaille à son fils. Pas que celui-ci ne soit pas d’accord, mais qu’il est trop aimable pour dire non à sa chère maman. Avant même que le mariage ne se fasse, la femme est envoyée en formation chez sa belle-mère pendant souvent plusieurs années. Lorsque je dis formation, ce n’est pas une métaphore; c’est une réelle formation. La fille est censée  ne rien connaître. Sa mère n’a rien foutu depuis sa naissance et c’est à sa future belle-mère de faire tout le travail.

Adolescente, je m’étais jurée que ça ne m’arriverait jamais, d’être obligée de passer presque toute l’année chez ma belle-mère, à la seule demande de celle-ci. Je voyais mes sœurs ainées faire des allers-retours réguliers dans leurs belles-familles et revenir avec les nerfs à vif. 3 mois, 3 longs mois à supporter les reproches et les railleries de toutes sortes. Si tu es droitière et que tu as le malheur que ta belle-mère est gauchère, tu dois apprendre à tout faire comme elle, de la main gauche. Alors moi, je m’étais dit que je n’aurai pas à subir tout çà car j’allais forcément avoir un boulot qui me permettrait d’échapper haut la main aux vacances chez la belle-mère.

J’avais toujours fait croire à ma belle-mère que je ne pouvais pas venir passer les vacances avec elle jusqu’à ce qu’elle initie une réunion familiale annuelle pour regrouper toute sa descendance. Je fus moralement contrainte d’y assister au nom de mes enfants. J’allais me retrouver à court de prétextes pour une réunion prévue un samedi, normalement jour de non travail. Je fis donc mes prières et partis de chez moi avec les enfants vendredi dans la nuit pour y arriver vers 5 heures du matin après 6 à 7 heures de route. Objectif clair : juste une journée en compagnie de ma belle-famille. Je ne devrais pas en mourir. Cependant, j’ignorais que tout le monde savait que mon fameux travail était une invention de mon esprit de femme qui redoute une seule seconde en compagnie d’un membre de la belle-famille.

A peine mes pieds avaient foulé le sol de sa demeure qu’un air glacial m’envahit soudainement et me figea pendant une trentaine de secondes. Elle avait prononcé des mots que je ne redoutais pas. Je n’avais pas mal compris. Elle venait bien de me demander si j’ai pu me libérer de mon travail, non sans le ton moqueur et méprisant qui la caractérise. Je compris de suite que mon séjour n’allait pas être de tout repos. Le bébé que je portais oblige, je dus me dessouder du sol pour m’empresser de chercher une âme aimable pour alléger mes bras et mon épaule. J’avançai vers elle en lorgnant la porte d’entrée de la maison restée entrouverte, dans l’espoir de voir quelqu’un -n’importe qui au point où j’en étais- sortir. Quelqu’un qui viendrait faire cesser ces minutes de traversée du temple du mal lui même.

Une silhouette se dessina peu après sur le seuil de la porte. Avant que je ne pus jubiler de ne pas être obligée de répondre à la question que ma belle-mère venait de me poser, je vis le visage de ma belle-sœur, la 1ère d’une fratrie de 14. Elle a été élevée à la dure par sa mère et a fini par être son portrait craché en tous points. Je sus en la voyant que le couteau  serait remué dans la plaie de façon à la laisser bien béante. « Mais, que fais-tu ici? N’as-tu pas dit que tu ne viendrais jamais chez nous parce que tu es la collaboratrice personnelle du Président Biya« . Oui, elle remua le couteau dans la plaie. Un ton aussi moqueur et méprisant que celui de sa mère. Je ne dis toujours mot. Dès qu’elle se rendit compte que je n’avais pas l’intention de répondre, elle me prit les enfants et me fit comprendre que je pouvais m’en aller car il s’agissait d’une réunion familiale. A ce moment précis, je compris que seul Dieu pouvait venir à mon secours. Cependant il y a un hic : ça fait trop longtemps que je suis athée. Vais-je m’en sortir ?

A suivre…

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1 Commentaire

  1. Weeee mama mi c que je sui en train d dire à l’instant t..vraiment hein c n’est pas facile de vivre avc une belle mere coriace surtout….assia ooo mais moi j n vais pas worry hein plse vient en vacance ooooo n nous fuis pas stppp

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