La mésaventure d’un éleveur de porcs

des porcs

D’abord son gagne pain, l’élevage de porcs est devenu la passion de cet homme. Un jour, il est ridiculisé par sa truie qui vient de donner naissance, et pendant qu’il se demande s’il ne va pas laisser tomber sa passion, moi je passe l’une des meilleures journées de ma vie.

C’était un de ces jours de solitude que vivent la plupart des femmes de ménage. Entre les cris d’appel à l’aide du dernier né qui a cru qu’il avait passé l’âge de se déplacer à quatre pattes et les caprices de l’aînée qui préfère du lait à un bon bol de bouillie fait maison, on finit par croire qu’on a eu tort de tout plaquer pour encadrer sa jeune progéniture. C’était aussi un de ces jours où le matin au réveil, on a déjà prié mille fois pour que le « chef de famille » parte et où on redoute l’heure à laquelle il sera de retour du travail pour ne pas affronter ses « c’est à cette heure-ci que tu prépares à manger? » ou ses « pourquoi les enfants ne sont pas encore douchés? » Mais ce jour-là s’est avéré spécial, un événement était venu agrémenter mon existence et parvenu à m’arracher le sourire perdu depuis belle lurette.

Nous vivons dans une de ces banlieues où l’on ne respecte rien, où l’atmosphère est polluée par les odeurs provenant de toutes parts et dont les plus indescriptibles du poulailler d’un voisin et du nettoyage de l’enclos à porcs d’un autre voisin. Une situation qui avait le don de me mettre dans une de ces colères… bref, je supportais cette situation jusqu’au jour où mon voisin éleveur de porcs connut une mésaventure des plus hilarantes. C’était un de ces jours où l’atmosphère est la même chez mon voisin, à une exception près que celui-ci ne travaille pas. Entre les injures de sa femme qui croit que ramener quotidiennement de l’argent la place à la tête de la famille et la perte de pouvoir sur ses enfants qui sont las d’espérer que papa retrouve du travail, mon voisin a choisi de sa consacrer à l’élevage de porcs.

Un jour, il est subitement réveillé au petit matin par les cris de douleur de sa truie préférée en gestation. C’est une truie réputée dans le coin pour avoir des portées de 18 à 22 porcelets qu’elle dévore dans les deux tiers une fois affamée par l’accouchement. C’est pourquoi, il pensa tout de suite à son voisin et frère qui a également fait de l’élevage de porcs sa passion et finalement son gagne pain. Les deux courageux hommes entrèrent dans l’enclos, positionnèrent l’énorme bête sur le côté et lui massèrent tactiquement le ventre ballonné comme pour faire avancer les contractions et alléger ses souffrances. C’est alors que le 1er petit vit le jour, tout rosé et pâle, mais déjà très costaud et fort. On le fit sortir de l’enclos pour le mettre en sécurité. Au fur et à mesure que les petits venaient au monde, on les mettait en sécurité; et la truie s’assoupit.

Mon voisin resta dans l’enclos pour emballer le placenta ; mais il n’avait pas réalisé que la bête avait les yeux ouverts et commençait à les écarquiller. Il avait à peine entendu sa truie soupirer qu’il sentit soudainement sa mâchoire sur sa jambe. Envahi par son instinct de survie, il réussit à s’en défaire violemment, à sortir de l’enclos et à se mettre à courir de toutes ses forces. La bête se mit à ses trousses, ragaillardie par son acte manqué. Les deux créatures coururent. je courus également jusqu’à ce que je compris que la truie ne chassait que son maître. La course se transforma en une chasse à l’homme à deux échelons : la truie qui poursuivait son maître dans le quartier pour lui régler son compte et les autres habitants du quartier qui poursuivaient la bête pour la neutraliser. Qui eût cru qu’une « mère » qui venait de donner naissance pouvait courir autant?

Mon voisin finit sa course dans une rigole sous les « regards » des téléphones portables prêts à tout publier sur les réseaux sociaux, la bête fût finalement rattrapée et ramenée dans l’enclos. Cette image de mon voisin plein de boue m’a à jamais redonné le sourire. Et je me souvins que je n’ai jamais rien à raconter à mon époux le soir, craignant que mes histoires ne fassent pas le poids face aux siennes. Cette mésaventure me fit penser que cette histoire-ci, je devais la lui raconter parce qu’elle a eu le mérite de me faire rire. Son caractère macho et dictateur n’allait pas saper une bonne humeur retrouvée après quelques années de mariage, de ménage et de routine. Oui, ma journée avait été excellente et il fallait qu’il le sache. Ce jour-là, lorsqu’il fut de retour de sa journée de travail, je me jetai à l’eau, quitte à ce qu’il ne comprenne pas pourquoi une histoire aussi banale à ses yeux ait pu me redonner le sourire, et pas ses histoires à lui.

2 Commentaires

  1. Les animaux mangeurs d’hommes…wéeeeeee mama, miii tu risque m casser une cote avc l’histoire ci…maaasssah, pardon ecrit l’otre je lis, tres drole mais surt edifiant quand mmême

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